Cette traversée de l’Amérique de 1850 à nos jours se déroule au Texas, au travers de trois récits distincts : celui du patriarche, Eli McCullough, d’un de ses fils Peter et de son arrière-petite-fille Jean-Anne.
Au seuil de se vie, centenaire et toujours figure d’autorité, Eli se remémore sa vie. A l’âge de 12 ans lui et son frère sont kidnappés par des Comanches. Les colons sont alors peu nombreux mais commencent déjà à vouloir grappiller les terres indiennes. A l’époque les Indiens chevauchent des jours et des jours durant vers leurs territoires, hors de portée. Conscients du risque de rester entre eux, les Comanches n’hésitaient pas à enlever des enfants dans le but d’un mélange bon pour leur peuple.
Dans les premières années du XXème siècle, les McCullough sont de riches éleveurs de bétail, mais Eli sent que le vent tourne. L’avenir pour lui se situe dans le sol, grâce au pétrole qu’on commence à utiliser un peu partout. Le problème est qu’à peu de choses près, les gisements ne sont pas sur sa propriété, mais sur celle des voisins mexicains avec qui ils vivent en toute amitié depuis longtemps. Peter va s’opposer à son père sur les moyens entrepris pour s’approprier la manne non pas céleste mais bien terrestre.
Jeanne-Anne est l’héritière de la famille et au début des années 2010 c’est une vieille femme qui gère la fortune familiale. Elle est le portrait tout craché d’Eli.

Ce livre, à travers ces différentes générations de Texans, montre de quelle manière l’Amérique s’est construite et aux dépends de qui. Rien n’arrête la conquête, qu’elle soit de l’ouest, du nord ou du sud. Tous les moyens sont bons pour s’enrichir, seuls les résultats comptent. Et tout cela se construit dans une extrême violence, la fin justifiant les moyens.
J’ai adoré toute la partie qui se déroule chez les Comanches. Leur mode de vie est détaillé avec beaucoup de précisions : la place des femmes et des plus anciens, les relations avec les autres tribus, comment on devient un guerrier, la chasse…  Quand ils abattent un bison, chaque morceau de l’animal est utilisé pour un but bien précis, jusqu’aux tendons. Leur incompréhension est totale quand ils découvrent ces bêtes tuées par centaines juste pour leurs peaux.
Bref, Eli est élevé à la dure, mais s’intègre au fil du temps, aidé par son caractère bien trempé.
C’est ce caractère qui fait de lui un homme craint et respecté, dur en affaires et qui dirige sa famille d’une main de fer.

Le livre se situe entre le roman d’aventures et le roman historique. On ne s’ennuie pas un instant.

Le fils, Philipp Meyer
Albin Michel

Categories: Aventures, Historique

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