Quel est le lien entre l’assassinat (le massacre plutôt) d’Hypathie d’Alexandrie en 415 avant JC et le corps retrouvé démembré et calciné dans une boutique Hermès en plein cœur de Paris ? C’est la question qu’on se pose immédiatement après les deux premiers chapitres d’un roman qui nous fait traverser les siècles grâce à un livre (un codex plus précisément) que se confient les femmes et hommes éclairés au fil des époques. Pour n’en citer de quelques-uns : Léonard de Vinci, Elisabeth I, John Dee, Voltaire…

Le récit alterne entre les siècles que l’on remonte et l’enquête menée par le commandant Brunier et son groupe, encore en place dans les locaux du 36 qu’ils ont bien du mal à quitter. Il est d’ailleurs amusant de constater comme les écrivains de polar sont eux aussi bien nostalgiques de ce haut lieu de la police française, tant de nombreux romans font écho à ce déménagement historique. Ces policiers vont être épaulés par Marie, une jeune stagiaire à la police scientifique, qui fait preuve d’une certaine clairvoyance au sujet du premier meurtre, car il y en aura d’autres…

Le roman nous fait parcourir 2400 ans de faits historiques, scientifiques et philosophiques par le prisme de la condition des femmes. Car oui, Le dernier Hyver (il y a bien un « y ») est un livre qu’on peut qualifier de féministe avec en fond l’idée que le monde est violent car il est dominé par les hommes (à quelques exceptions près quand même car comme le chantait Renaud : Y’a pas de gonzesse hooligan, imbécile et meurtrière, y’en a pas même en Grande-Bretagne, à part bien sûr Madame Thatcher). Il est également bien ancré dans notre époque avec l’évocation du Bataclan, des femmes qui partent rejoindre les terroristes en Syrie ou comme évoqué plus haut, la fin du Quai des Orfèvres.

L’intérêt monte au fur et à mesure de la lecture (un bon pavé de plus de 600 pages). On comprend petit à petit quels sont les secrets qui se passent de mains en mains grâce au codex et je dois dire que l’auteur réussit un véritable coup de maître pour la conclusion de son roman, ce qui est certainement ce qu’il y a de plus difficile à faire en général. Il faut vraiment arriver à la toute dernière page pour prendre l’ampleur de l’histoire. On referme le livre sur une interjection (Oh putain ! pour ma part, mon langage n’est pas toujours très châtié…), et ça c’est fort.

Comment un meurtre perpétré il y a 2400 ans peut avoir des conséquences de nos jours ? C’est l’effet Papillon !

Le dernier Hyver, Fabrice Papillon
Belfond

Categories: Historique, Thriller

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