Certains livres ont d’autant plus de valeur qu’ils sont des cadeaux. Offrir un livre est une opération périlleuse car elle nécessite de bien connaître les centres d’intérêts du lecteur. En l’occurrence, ce cadeau à lire m’a comblé. Un de mes amis alpinistes m’a un jour expliqué sur le toit de l’Europe que la propension qu’avaient les alpinistes à atteindre tous les points culminants du globe n’était qu’une métaphore d’une quête spirituelle : se rapprocher du Très-Haut … pour lui parler.
Classer ce livre est une tâche ardue. Pour moi, il s’agit d’une triple aventure : sportive, humaine et spirituelle.
Aventure sportive car Philippe Martinez, pasteur évangélique et ex-guide de haute montagne diplômé de l’ENSA, atteint le 17 mai 2006, au 46ème jour de l’expédition, avec deux autres compagnons et deux sherpas le toit du monde en passant par sa face Nord, tibétaine.
Aventure humaine car l’auteur nous conte au fil des pages des tranches de sa riche vie : son mariage avec Brigitte, le décès de son fils Théo (Dieu en grec …), ses missions humanitaires dans le monde arabo-musulman, la création de la Maison Béthanie … Thaumaturge à ses moments perdus, il impose les mains et prie pour tenter de guérir là où aucun médecin ne peut se rendre …
Aventure spirituelle car, ici, le but de l’ascension de l’Everest réside dans la volonté d’y accomplir une mission divine : célébrer un culte liturgique et enterrer (le mot est mal adapté) une Bible sur le toit du monde.
Le chapitre 7 relate le summit day : «Vers deux heures du matin, le faisceau de ma frontale accroche la moitié d’un corps enfoui sous la neige. …/… Un Anglais. On sait qui il était par les Sherpas de son équipe.» ou «Je la croise au niveau de deux alpinistes coréens couchés dans la neige en chien de fusil. Ils sont là depuis cinq ans, dit-on dans le milieu. Ils sont toujours en chair dans ce frigo à l’air libre.» ou «Ce n’est plus Philippe Martinez qui est entre le ciel et la terre, c’est le pasteur, à la limite du monde des hommes et du royaume de Dieu.». Dois-je ajouter que le culte du sommet se fera en présence du premier himalayiste juif civil ayant atteint l’Everest ? Les descendants spirituels archéo- et néotestamentaires en prise directe avec Dieu !
Deux addenda méritent d’augmenter cette contribution. Une erreur itérative dans ce livre se doit d’être corrigée : au-dessus de 8 000 m, le débit de l’oxygène additionnel est de 0,5 litre par minute (et non litre par heure) la nuit et de 2 litres par minute (et non litres par heure) en plein effort. Selon le pasteur Martinez, la Rolls Royce des bibles est la Thompson : je vais en acheter une de ce pas.
Excellente lecture !

Le ciel pour seule limite – A chacun son Everest, Philippe Martinez
Presses de la Renaissance

L’auteur :
Philippe Martinez est guide de haute montagne et pasteur évangélique



Categories: Aventures

About Vincent Stoffel

Liseur occasionnel Ami d'Hervé

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