Henry Quinn vient de passer un peu plus de trois années en prison. Il n’a jamais été un délinquant mais un jour il a eu la mauvaise idée de faire un carton sur quelques bouteilles dans son jardin, alors qu’il était alcoolisé. Et la trajectoire d’une des balles a définitivement modifié le cours de son existence. En prison son compagnon de cellule est Evan Riggs, un taiseux condamné à perpétuité qui lui a sauvé la mise plusieurs fois. Comme Quinn, Riggs est musicien et a connu son heure de gloire en sortant un disque. Alors qu’Henry va être libéré, Evan lui donne une lettre qu’il lui demande de remettre à sa fille, qu’il n’a jamais connu. C’est ainsi qu’Henry Quinn se dirige vers la petite ville de Calvary, au Texas, dont le shérif n’est autre que le frère de Riggs.

On retrouve ici tous les thèmes qui sont chers au romancier anglais.
Tout d’abord bien entendu les Etats-Unis, et particulièrement le Texas où se déroule l’histoire. Le récit est alterné entre les années 30 et 40 puis au début des années 70. On sent la chaleur, la poussière et les grands espaces, on entend l’accent traînant des Texans et la mélancolie de la musique country. Les hommes sont durs, parlent peu et gardent leurs secrets. Mais une parole donnée est une valeur sûre. La plupart du temps.
Comme dans Mauvaise étoile, il y a deux frères et deux destins. Celui tout tracé et rassurant et un autre plus incertain mais plus attirant. Parfois pas grand-chose peut le faire basculer : être au mauvais endroit au mauvais moment ou faire quelque chose qui au départ semblait une bonne idée.
La famille est une fois de plus mise à mal. Il y a celle du sang qu’on ne choisit pas et celle que l’on se fait au fil des rencontres et des affinités.

Comme toujours les personnages sont formidablement travaillés. Chacun, quelle que soit son importance, a une histoire qui explique son comportement, nous donnant ainsi la possibilité de mieux le cerner. Les pensées et les sentiments contradictoires sont parfaitement représentés. Aucune chance qu’Ellory tombe dans le piège du bien contre le mal, chacun pouvant représenter l’un ou l’autre, suivant son état d’esprit du moment, ses intérêts ou la dose d’alcool qu’il a ingurgité.

Vous ne pourrez pas lâcher ce western du XXème siècle, ni oublier les destins contrariés d’Evan Riggs et d’Henry Quinn.

Le chant de l’assassin, R.J. Ellory
Sonatine

L’auteur :
R.J. Ellory est né en 1965 à Birmingham, Angleterre.

Categories: Policier

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