C’est une enquête d’un genre particulier que nous déroule Mankell dans ce roman qui sort des sentiers auxquels l’auteur nous avait habitué jusqu’alors.
Car cette fois-ci elle est menée par une mère. Une mère qui vient de perdre son fils et qui ne croit pas au suicide prononcé par les médecins légistes.
Archéologue de métier, elle va remonter le cours de l’histoire en attachant ses pas à ceux de ce fils dont elle ignorait tout de ce qui l’animait.
Sa recherche va la mener au Mozambique où semble se nouer le cœur de cette intrigue.
Mankell se sert de cette histoire pour crier haut et fort sa colère, sa révolte et son indignation, dénonçant en particulier les laboratoires clandestins qui sévissent en Afrique, comme dans d’autres pays où la misère sévit, où l’on vendrait son âme pour une poignée de dollars, de riz ou de manioc.
Dans la chaleur du continent africain, Mankell nous convie à une descente aux enfers, dénonçant tour à tour les tests sur les singes comme sur les humains, le fléau du sida, le tourisme du sexe et la cupidité.

L’enquête n’est pas menée avec la rigueur à laquelle nous étions coutumiers. Beaucoup de questions restent encore sans réponse la dernière page tournée. Quelques incohérences, ça et là, créent la perplexité.
Mais ce livre poignant, criant de vérité, est une pierre taillée qui trouvera sa place sur l’édification, mausolée d’infortune, que nombre d’écrivains, poètes, peintres ou chanteurs tentent courageusement d’ériger sur cette terre d’Afrique.

Le cerveau de Kennedy, Henning Mankell
Seuil

L’auteur :
Henning Mankell est né en 1948 et partage sa vie entre la Suède et le Mozambique.



Categories: Policier

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