Un petit village alsacien est brutalement tiré de sa torpeur estivale (hé oui, comme le souligne fort justement l’auteure, il peut faire très chaud en Alsace) par un meurtre particulièrement violent. L’enquête, menée par la gendarmerie, se dirige rapidement vers une bande de types qui intimident la population et qui sont connus comme étant « Le Gang ». Les adolescents du village, peu nombreux mais décidés, décident de mener leurs propres recherches quant à l’identité du tueur. A la suite d’une séance de spiritisme ils décident de suivre une piste qui peut s’avérer… diabolique.

Il y a en fait deux histoires, celle d’un assassin qui laisse de mystérieux messages et qui tue de façon impitoyable, et une autre qui se déroule pendant la guerre d’Algérie. Bertie, dont personne ne connaît le passé, a la maladie d’Alzheimer. Il retrouve de temps en temps quelques instants de lucidité et il confie à la fille de sa famille d’accueil (Nelly, une des adolescentes détectives du village) des bribes d’histoire de son passé militaire.
La réussite du roman tient aux nombreux personnages qui à un moment ou un autre peuvent avoir une bonne raison d’être coupables. L’auteure s’ingénie à semer des fausses pistes un peu partout, anéantissant à chaque fois la théorie qu’on avait échafaudé pour deviner le nom de l’assassin. Dans ce petit village tout le monde se connait, ce qui donne une ambiance à la « Inspecteur Barnaby » sauce alsacienne, ce qui est plutôt sympa.
Ce qui m’a moins plu est le genre « enquête d’adolescents ». Sans prétendre être un spécialiste de thrillers, j’en ai quand même lu un bon paquet et le côté jeunes détectives a nui à l’intérêt que j’aurais pu porter à certaines scènes ou personnages (comme le capitaine de gendarmerie dont je ne suis pas fan). Je pense que ce livre pourrait mieux convenir à quelqu’un qui découvre le genre ou qui en lit peu ou encore pour ados.

Mais au delà de cette aventure policière il y a donc cette histoire parallèle qui évoque la « reprise en mains » d’Alger par les parachutistes. Les livres qui ont évoqué la guerre d’Algérie et la torture ont été nombreux ces derniers temps avec s’il ne fallait en citer qu’un le dernier Goncourt, L’art français de la guerre. Il n’est pas question d’ici d’établir un quelconque parallèle entre les deux livres, mais je trouve que Julie Waeckerli est excellente dans ces passages décrivant ce qu’on a longtemps appelé « Les évènements d’Algérie ». Il y a une histoire d’amour magnifique et déchirante qui met plus en relief les qualités et la sensibilité de l’auteure. C’est la partie du livre que je préfère.

Le bras du Diable, Julie Waeckerli
Les Nouveaux Auteurs

L’auteure :
Julie Waeckerli est née en 1991 à Altkirch (Alsace) et est étudiante en philosophie à Strasbourg

Categories: Thriller

2 réponses actuellement.

  1. manu dit :

    Felicitations pour tout le travail entrepris par cette tres jeune auteure. Livre toutefois destine aux jeunes de moins de 16 ans . Quelques passages manquent de credibilite, ou trop alanbiques. Ou on y trouve aussi quelques prejuges. J ai plus apprecie le texte sur emotions en algerie, plus matures.

  2. Julie dit :

    Merci d’avoir consacré de votre temps à mon roman. J’aime votre critique car je trouve qu’elle souligne avec justesse les atouts mais aussi les faiblesses du « bras du diable ».
    Merci!
    A bientôt,
    Julie Waeckerli

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