Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse est né à Albi en 1741. Il entre dans la marine française en tant que Garde de la Marine à Brest. Il fait ses classes et participe à la guerre de 7 ans et à la guerre d’indépendance américaine sur de nombreux navires, traversant plusieurs fois les océans. Un coup d’éclat contre les Anglais dans la baie d’Hudson révélera aux yeux de tous ses talents de navigateur. C’est donc à lui qu’on confiera une expédition autour du monde, une expédition de « découverte » afin d’explorer le monde d’après un cahier des charges bien précis, le tout avec l’aval de Louis XVI. L’époque est à la curiosité, à l’innovation et la navigation à encore beaucoup de choses à apprendre et à découvrir. Les préparatifs des deux bateaux choisis pour cette expédition n’est pas une mince affaire car bien entendu le voyage sera long. La description qu’en fait l’auteur est ahurissante. Sur chaque frégate (il y en a deux, La Boussole et L’Astrolabe) embarquent des savants (ingénieurs géographes, astronomes, botanistes, horlogers, chirurgiens) avec chacun leurs livres, soit 350 sur les deux navires, une sacrée bibliothèque ! Puis il y a les navires de secours, les voiles et les mâts de rechange, les câbles, les chaines, les canons, les boulets… Et il y a la nourriture : pois, riz, grains, vaches, moutons, porcs, volailles et antiscorbutiques. Et évidemment l’équipage trié sur le volet parmi les meilleurs officiers et les plus solides marins. A l’époque, même un certain Napoleone Buonaparte avait postulé pour embarquer !
Le 1er août 1785, l’expédition s’en va de Brest, elle ne reviendra pas en France.
Le récit est passionnant dans son déroulement. Il décrit une époque où toutes les routes maritimes et les îles n’étaient pas connues ou mal répertoriées. Prendre le large était une véritable aventure, dans le premier sens du terme. Les conditions à bord étaient extrêmement difficiles. Il fallait à la fois lutter contre les éléments et les maladies, dont le scorbut qui touchait les équipages à tous les coups.
On suit donc les deux frégates dans leur parcours autour du monde, revivant les escales un peu partout, de l’Europe à l’Australie, en passant par l’Asie. On sait beaucoup de choses sur l’expédition car régulièrement les résultats d’observations scientifiques (écrites et dessinées) ainsi les écrits de bord de Lapérouse étaient envoyés vers la France. On trouve facilement sur le net les dessins (de Gaspard Duché de Vancy) représentant les lieux visités par les marins, notamment sur l’île de Pâques.
Les deux frégates ont été vues pour la dernière fois le 10 mars 1788. Depuis et dès 1791, puis régulièrement jusqu’à nos jours, les expéditions se sont succédé pour comprendre ou et comment ont disparus les navires français et leurs équipages.
Il y a des réponses, on en sait beaucoup, et il reste des zones d’ombre. Mais cela, je vous laisse le découvrir…

Lapérouse, le voyage sans retour, Gérard Piouffre
La librairie Vuibert

L’auteur :
Gérard Piouffre est journaliste, conférencier et historien français spécialisé dans la marine et l’aviation

Categories: Historique

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