Au Vème siècle avant J.-C., Gorgophonée Carthas, veuve du grand guerrier spartiate Arthys, met au monde un garçon qu’elle prénomme Aphranax. Le bébé souffre d’asthme, ce qui chez les Spartiates n’est pas tolérable. En effet, dans cette société on élimine les faibles, les souffreteux, les malformés, les handicapés. Et cela dès la naissance, puis on vérifie encore que tout va bien à l’âge de 7 ans. De plus, on n’exprime pas ses sentiments, et pour une mère c’est la même chose. Alors qu’elle est censée dénoncer ce fils de peu de souffle, elle continue de l’élever. Il va devenir un guerrier redoutable, à l’égal de son père mort au combat. Il passe toutes les épreuves obligatoires et toque même à la porte de la fameuse garde des 300. Parmi ces épreuves il y a la Grande Errance qui dure une année où l’Hoplite-Presque-Parfait est livré à lui-même, et la cryptie qui autorise les guerriers à tuer les ilotes qui leur tombent sous la main, hommes femmes et enfants. Les crises d’asthme qui handicapent le Lacédémonien sont connues par Léonidas, le futur roi de Sparte. Entre les deux hommes, un lien étrange va se nouer.
Ce roman historique formidable se déroule au moment où les Perses et Xerxès partent en guerre contre Athènes, le berceau de la démocratie, dont les points d’orgue seront les batailles navales et celle des Thermopyles. L’envoi à Delphes d’émissaires pour consulter le fameux oracle nous fait découvrir la corruption des prêtres pour interpréter plus ou moins favorablement les paroles obscures de la Pythie. On (re)découvre aussi comment était gouvernée la Grèce Antique et de quelle manière elle était avancée en termes d’égalité des droits et des sexes, notamment à Sparte.
Ce roman historique est passionnant. Il laisse libre cours à l’imagination de l’auteur qui nous fait voyager il y a 2500 ans, là où beaucoup de choses qui nous sont communes aujourd’hui ont commencé, avant de disparaître pour laisser place durant de longs siècles aux monarques absolus de droit divin. Bourré de références et surtout souvent drôle c’est aussi un bon moyen de se souvenir que les grecs avaient compris et inventé énormément de choses. Il faudra attendre les Lumières pour redécouvrir les philosophes grecs et se souvenir que Connais-toi toi-même était déjà écrit au fronton du temple d’Apollon, à Delphes.

La naissance du sentiment, Jean-François Kervéan
Robert Laffont

L’auteur : Jean François Kervéan, né en 1962 à Paris

Categories: Historique

1 réponse actuellement.

  1. Olivier RICHARD dit :

    A lire du même auteur le très intéressant « Animarex », l’âme du roi Louis XIV qui présente les jeunes années du monarque et sa romance avec Marie Mancini, la nièce du cardinal Mazarin.

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