Je trouvais extrêmement intéressant de décortiquer la manière dont les aventures du célèbre détective de Baker Street (221b) ont trouvé corps, si j’ose dire. Lecteur de Sherlock Holmes quand j’étais plus jeune (beaucoup plus jeune), j’étais alors fasciné par l’univers des romans de Conan Doyle mettant en scène son héros et Watson. Son héros surtout, Watson n’étant là que comme un faire-valoir narrateur mais Ô combien indispensable, on apprend pourquoi dans cet essai.
Ce qui je trouvais alors vraiment formidable c’était quand Holmes arrivait à définir l’emploi du temps, le métier et le passé d’une personne en l’observant quelques minutes. Venait alors l’explication, comment grâce à un sens de déduction et de l’observation (clinique, et c’est le cas de le dire dans cet ouvrage) hors du commun il en était arrivé à ses conclusions, en sidérant son sujet d’étude et moi-même. Il l’appliquera aussi à Watson notamment dans la fameuse analyse de sa montre à gousset.

Les ingrédients des succès d’aujourd’hui au travers récemment des films avec Robert Downey Jr. et Jude Law ou de la nouvelle série produite par la BBC, faisaient déjà la gloire de Conan Doyle de son vivant. Holmes apparaît en 1887 (il sera pastiché très vite) et deux ans plus tard c’est un tollé général quand son créateur le fait mourir. Il le ressuscitera.
Dominique Meyer-Bolzinger décortique le héros au travers de la personnalité de l’auteur (Conan Doyle était médecin) et explique comment la technique des enquêtes est représentative de l’époque. Cette fin de XIXème siècle est bouillonnante de découvertes dans tous les domaines et Doyle intègre cette modernité tous azimuts au service de ses romans. En tant que médecin les découvertes médicales sont bien entendus exploitées, qu’elles soient chirurgicales ou psychanalytiques. On suppose Doyle très influencé par Jean-Martin Charcot et par Sigmund Freud.

Dominique Meyer-Bolzinger nous montre aussi la place déterminante qu’à Conan Doyle dans la littérature policière aux cotés d’Agatha Christie et de Georges Simenon.
Cet essai est une mine d’information sur Doyle et Holmes. Je cite volontairement l’auteur et sa création tant il est parfois difficile de les dissocier.
Si quelques termes choisis dans les explications et les analyses sont parfois difficiles à comprendre, le livre se lit toutefois assez aisément.
Pas élémentaire, mais presque !

La méthode de Sherlock Holmes, Dominique Meyer-Bolzinger
Campagne Première

L’auteure :
Dominique Meyer-Bolzinger est maître de conférences à l’UHA de Mulhouse.

Voir également la video de l’entretien exclusif pour Passion Bouquins.

Categories: Essai, Psychologie

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