« La Métamorphose », c’est la transformation d’un homme en coléoptère. Gregor Samsa a dû abandonner ses rêves pour rembourser les dettes de son père, en travaillant pour le créancier (un riche homme d’affaires). La famille Samsa, qui, pendant cinq ans, profite de cette situation, étouffe Gregor. Cette transformation laisse tout le monde au dépourvu. Les parents et la sœur n’ont plus qu’à se débrouiller par eux-mêmes. Ils montrent leur vrai nature à Gregor. On comprend qu’ils n’ont que du mépris pour lui. Ce dernier meurt. C’est la délivrance d’une vie que celui-ci n’a pas choisi.

Dans « Dans la Colonie Pénitentiaire », un voyageur, en escale sur une île tropicale, assiste à l’utilisation d’une machine barbare sur un prisonnier du pénitencier. L’officier qui la manipule est le seul et dernier partisan de son utilisation. Cette machine grave, sur la chair à vif, la faute commise. Ce procédé a été mis au point par l’ancien commandant. Comme l’officier ne trouve pas un allié dans le voyageur, il sait qu’il n’aura pas gain de cause auprès du nouveau commandant, pour continuer à utiliser la machine. La machine semble, elle aussi, comprendre que ses jours sont comptés. Avec l’officier, tous deux meurent ensemble. Le voyageur fuit l’île.

Que ce soit dans « La Métamorphose » ou dans « Dans la Colonie Pénitentiaire », les monstres ne sont pas ceux qui en ont l’apparence (un insecte géant, pour l’un, un prisonnier, pour l’autre). Les vrais monstres n’apparaissent que quand la vie quotidienne est bouleversée par un évènement inattendu (un humain se transforme en coléoptère; un officier et sa machine, qui ne font qu’un, devront s’arrêter d’infliger des punitions).

Dans ces deux textes, l’auteur met ses personnages face à eux-mêmes. Il les pousse vers leurs limites de tolérance et d’ouverture d’esprit. Il les place dans des situations effrayantes, qui frôlent la folie.

Lire Kafka est un bon exercice. Cela permet de se confronter à la peur et à un certain mal de vivre de son époque qui transparaît dans ces écrits.

La métamorphose et Dans la colonie pénitentiaire, Kafka
Librio

L’auteur :
Franz Kafka est un écrivain tchèque de la fin du 19° siècle. Dans son œuvre, il utilise très bien l’humour noir, l’absurde et le grotesque ( à lire et/ou relire).

A bientôt pour une nouvelle chronique.



Categories: Nouvelles

4 réponses actuellement.

  1. Aline Weill dit :

    Bonjour,

    Votre article est fort intéressant. Puis-je cependant vous rappeler que Kafka était un auteur tchèque de langue allemande, et que nous pouvons le lire ici en français sous la plume de l’excellent traducteur Bernard Lortholary ?

    Bien à vous,

    Aline Weill

    Traductrice littéraire

    • Christophe dit :

      Madame Weill, j’ai beau lire et relire l’article et votre commentaire, je ne parviens pas à comprendre pourquoi vous introduisez votre intervention gratuite par « Puis-je cependant vous rappeler… »
      Si quelqu’un comprend mieux et peut m’éclairer à ce sujet, je vous en remercie par avance.
      Christophe Gelé
      Boulanger

      • Aline Weill dit :

        Cher Monsieur Gelé,

        Mon intervention n’était pas du tout gratuite, mais peut-être me suis-je mal exprimée. Je voulais tout simplement indiquer que si nous avons le plaisir de lire Kafka dans un français qui restitue au plus près son esprit et son style, c’était grâce à l’intervention d’un traducteur, de talent, qui plus est, ce qui n’était pas précisé dans l’article initial. On aurait simplement pu croire que Kafka écrivait en français !

        Bien à vous,

        Aline Weill

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