Voici un exercice peu facile…
Faire la « critique » du livre d’un ami, car avant de vous parler de ce livre, il faut que j’aie l’honnêteté de vous dire que Maxime Gillio est un ami.  On pourrait croire que le plus difficile c’est de dire que l’on n’a pas aimé, et bien non, car l’amitié, c’est être franc, dire ce que l’on pense, quitte parfois à vexer.
Et quand on ne pense que du bien, on a peur d’être pris pour un flagorneur.
Et la fracture de Coxyde, j’ai adoré.
Pour moi c’est le meilleur Gillio sur les cinq qu’il a écrits, dont je ne manquerai pas de vous parler.

Pourquoi ce livre m’a-t-il tant plu ?

Pour deux choses, la première est que nous manquons actuellement de héros littéraire. Il y a eu les  San-Antonio, Nestor Burma, Arsène Lupin, Bob Morane, et j’en passe.
Mais depuis quelques années, plus rien. Ou si, un peut-être, Gabriel Lecouvreur dit le Poulpe. Seulement on a du mal à le cerner, car le principe du Poulpe c’est le changement d’auteur à chaque aventure, et là, il y a des hauts et des bas, voir des très bas…
La fracture aurait dû être un Poulpe, le destin en a voulu autrement… et bien c’est tant mieux !
Car du coup Maxime a dû retravailler son manuscrit, faire quelques changements et… il accoucha du Goret !
Ce qui fait que les brides tenues par les éditions Baleine ont lâché, plus de retenue, il s’est laissé aller, son imagination fertile a tourné à plein régime.
Du Cynisme, un peu de sexe, beaucoup d’humour et bien-sûr toujours une intrigue haletante, une histoire qui se tient.

Un groupuscule d’artistes disciples du Maître Paul Delvaux, les reculistes qui le vénéraient  mais n’avaient pas son talent, a explosé il y a quelques années, suite à la réussite d’un des leurs.  Seulement voilà qu’aujourd’hui les anciens membres prennent des tickets pour le boulevard des allongés, et pas de façon catholique…
Nous voici donc plongés dans le monde politico-artistique flamand pour une enquête de Jacques Bower, véritable patronyme du Goret, détective on ne peut plus cynique et un brin anarchiste…

« Jos Vandeputte fronça les sourcils. Cela faisait vingt-cinq ans qu’il était affecté à la surveillance de l’éplucheuse automatique et il n’avait jamais vu ça. La chair des patates n’avait pas la pâleur habituelle, mais une teinte rougeâtre. À croire que l’éplucheuse était en train de dépiauter des betteraves. Il se pencha par-dessus la rambarde pour observer le fond de la cuve. L’émotion fut si vive que sa vessie lâcha et qu’il pissa dans sa combinaison. La machine venait d’éplucher un cadavre ».

Un peu de peinture, un peu de sexe, on se demande si ce qui attire le plus le Goret vient du lard ou du cochon.
A lire, et surtout demander la suite des aventures !!!

La fracture de Coxyde

Editions Ravet Anceau

L’auteur :  Ecrivain de polars français, Maxime Gillio est né en 1975 à Dunkerque. Il est vice-président de l’Association des Amis de San-Antonio.


Categories: Policier

About l-aligator

Amateur de polar et Roman noir, webmaster du blog des amis de San-Antonio

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