Joseph Mengele, « L’ange de la mort », « …le médecin qui riait à Auschwitz et sifflait des airs d’opéra sur la rampe de sélection… » a réussit à échapper aux premières traques (il n’avait pas suivi le rituel des SS qui se faisaient tatouer leur groupe sanguin sous l’aisselle et a pu ainsi se fondre dans l’armée allemande classique). Après un périple de plusieurs années, il arrive à Buenos Aires en 1949 sous le nom d’Helmut Gregor. A l’époque Juan Péron, le président argentin, est favorable aux Nazis et les soutient en attendant l’écroulement de l’URSS et des USA pour se poser en troisième voie mondiale. De fait, nombreux sont les Allemands qui se rejoignent en Amérique du Sud, créant ainsi une « Nazi society », un 4ème Reich fantôme. Ces hommes pensent même possible une reconquête du pouvoir en Allemagne par les urnes ! Ils font des affaires et vivent bien.
La chasse aux criminels de guerre n’a pas encore commencée, elle le sera quelques années plus tard quand le Mossad commence à s’organiser pour les traquer. Contrairement à Eichmann, qui fanfaronne en public, certain que le monde va reconnaître son bon droit, Mengele est prudent. Il refuse de s’afficher avec le principal organisateur de la « solution finale ». Eichmann sera enlevé par les services secrets israéliens, jugé et pendu. Bien que pour des raisons politiques, la chasse aux Nazis sera interrompue par Israël, Mengele ne sera plus jamais tranquille, dans son esprit en tout cas.
Joseph Mengele était un pur produit du Nazisme, prônant toutes ses doctrines, notamment celle de la pureté des races. Il justifiait ainsi ses exactions en tant que médecin-chef du camp d’extermination d’Auschwitz. Il a fait de nombreuses « expériences » sur les enfants, les jumeaux ou les nains avec une cruauté décrite par Miklos Nyiszli (Médecin à Auschwitz, Julliard, 1961), dont Olivier Guez reprend des extraits qui vous glacent.
On suit donc la fuite permanente de Mengele et sa déchéance années après années, malgré le soutien jusqu’au bout de fidèles. Guez réussit le tour de force de se mettre dans la tête du criminel de guerre, remplissant les zones d’ombre par son talent de romancier. Les rumeurs sur sa soi-disant richesse et vie de nabab, propagées par Simon Wiesenthal prennent du plomb dans l’aile. Pour Mengele ce sera la déchéance au fil des ans, au Paraguay puis au Brésil. Et malgré le destin de l’ex-capitaine SS, à aucun moment on ne ressent la moindre empathie pour ce type, pur produit de la propagande nazie. Même sa famille, plus tard, refusera de rapatrier ses restes en Allemagne. S’il n’a pas été jugé, il aura fini misérable, ce qui est loin d’être le cas de nombreux ex-nazis.

La disparition de Joseph Mengele, Olivier Guez
Grasset

L’auteur :
Olivier Guez est né en 1974 à Strasbourg. Il a été récompensé par le prix Renaudot 2017 pour La disparition de Joseph Mengele.

Categories: Historique

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