A plus de 100 ans, Rose décide enfin d’écrire ses mémoires. Alerte pour son grand âge, elle est toujours aux fourneaux dans son restaurant où quelques unes de ses recettes font partie du patrimoine de la ville. Elle est une personnalité hors du commun et elle ne s’en laisse pas compter, n’hésitant pas à sortir son Glock 17 si par malheur pour lui, un petit malfrat tentait de la braquer.
Née en 1907 au bord de la mer Noire pas loin de Trébizonde, Rose est Arménienne. Naitre dans ce siècle à cet endroit sera la première tragédie de sa vie. Elle échappe par miracle au génocide par les Turcs et se retrouve prisonnière et esclave sexuelle de ses bourreaux. Ce n’est que le début d’une longue vie où elle va traverser le XXème siècle marqué par les millions de morts provoqués par les régimes que furent le stalinisme, le nazisme et le maoïsme.
C’est en étant recueillie et adoptée en France que Rose développera ses talents de cuisinière dont on pourra d’ailleurs retrouver les spécialités à la fin du livre, ce qui est original.

Franz-Olivier Giesbert revient au travers de Rose sur les tragédies du siècle passé mais aussi sur certains personnages célèbres à qui quelque fois il ne fait pas de cadeaux. Je pense particulièrement à Sartre qui se fait tailler un costard sur mesure. Il a par contre beaucoup de sympathie pour Simone de Beauvoir. Et il en va comme cela pour d’autres, entre critiques et louanges, à la manière de FOG (c’est-à-dire très directe), ce qui n’est pas pour me déplaire.
Le livre démarre sur les chapeaux de roues avec cette femme très courageuse qui alterne les jours heureux et les tragédies en gardant un amour sans faille de la vie et une volonté féroce d’aller de l’avant. Son moteur est la vengeance et elle n’a aucun état d’âme à la mettre en œuvre et à l’exécuter.

Pourtant l’attention baisse au fur et à mesure de l’histoire, même si l’intérêt pour l’Histoire subsiste. Le passage du livre avec Himmler manque de crédibilité. Je ne comprends pas quelle image l’auteur a voulu donner de ce sale type et pourquoi il s’embarrasse d’une histoire aussi farfelue entre lui et Rose, même si cela lui permet de croiser Hitler, Goebbels et autres nazis. Un officier nazi quelconque aurait suffit pour étayer son propos, le génocide des juifs.

Le livre se veut un hymne à la vie, malgré les tragédies qui rythment le monde, les millions de morts qu’ont provoqués les dictateurs cités plus haut. Il est à l’image du siècle : il y a des hauts et des bas.

La cuisinière d’Himmler, Franz-Olivier Giesbert
Gallimard

L’auteur :
Franz-Olivier Giesbert est né à Wilmington, Delaware (USA) en 1949

Categories: Historique, Roman

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