Le besoin de confiance en soi et en les autres est essentiel autant au plan collectif qu’au plan individuel. En effet, la confiance est nécessaire pour vivre et il faut donc la rétablir si elle subit une crise, en luttant contre la défiance (en tenant ses choix) et en incitant l’initiative individuelle, l’esprit de coopération et d’association grâce à l’auto-organisation. Pour avoir confiance, il faut lutter contre les difficultés pour se révéler, se donner des objectifs réalisables en triant au mieux ses intentions, s’ouvrir aux autres par la curiosité, être combatif en se focalisant sur les réussites, y voir clair et que les autres le voient, et se faire son idée sans tenir compte des autres.

La confiance en soi s’est constituée en même temps que la construction du moi et tout au long de la vie par la socialisation. Pour que la confiance s’installe pendant l’enfance, il faut laisser s’exprimer l’enfant et trouver un équilibre entre aide et autonomie. A l’âge adulte, il est essentiel de se faire plaisir, de répéter des activités pour les maîtriser, de bénéficier d’un bon climat extérieur, de prendre du recul sur ses expériences passées en éloignant les freins, de ne pas croire que tout aille bien : on n’a pas tout le temps confiance car le moi change, et de savoir prendre le risque de la rupture ou de l’engagement.

La confiance en soi est en lien avec le narcissisme de l’individu car, selon Freud, l’individu se prend d’abord lui-même pour objet d’amour puis une autre personne. Différents facteurs permettent à l’enfant d’avoir ou non confiance en lui : sa sécurité, sa façon de gérer les problèmes mais surtout les identifications aux autres (mais les sujets d’identification doivent faire attention aux identifications inconscientes dues à des comportements erronés). Bien qu’il soit protégé de l’extérieur par des bases de sécurité personnelles, la société fragilise l’ individu. La solution serait de comprendre, relativiser et y voir clair pour en tirer des leçons. La confiance en soi n’est plus là lorsqu’il faut renoncer ou perdre quelqu’un mais il faut s’écouter. Le moi se défend toute la vie contre les conflits mais quand il est en sécurité, que les déficits de l’enfance ne sont pas lourds et qu’il résout les pressions, les individus ont confiance en eux.

Le moi regroupe les valeurs du soi jusqu’à la fin de sa vie. Le moi et donc la confiance en soi s’enrichissent après de nombreuses étapes de la vie où l’on se dépasse et s’affirme. La confiance en soi existerait pour les caractériologies car c’est un trait de caractère, n’existerait pas pour les behavioristes car les comportements répondent à l’extérieur et donc le moi n’existe pas, et pourrait exister pour Freud si le moi résout les conflits entre le ça et le surmoi. Le soi est un ensemble de concepts de soi correspondants aux souvenirs des réponses apportées à des situations particulières. Ainsi, la confiance en soi subit des interactions car nos comportements sont influencés par nos expériences passées mais également par nos significations personnelles. Pour avoir confiance en soi, l’individu recherche l’estime de soi et des autres, et subit ainsi des influences venant de l’extérieur. La confiance en soi favorise les bonnes relations et permet une plus grande confiance en l’autre, bien qu’elle ne soit pas automatique.

Certaines croyances ou la comparaison sociale permettent aux individus de réussir et d’avoir confiance en eux. Certains individus sont sûrs d’eux, comme les créatifs qui se donnent des objectifs réalisables, ou les individus qui provoquent leur chance en croyant à leur bonne étoile sans entrave extérieure. Pour autant, certains individus doutent et ont besoin de l’autre pour reprendre confiance. Il faut donc savoir être soi et s’assumer sans prendre en compte les jugements extérieurs ou se laisser déstabiliser. Ainsi, être autonome sans s’imposer permet à l’individu de se développer en ressentant librement les choses, et de lutter contre des modèles imposés. En cas de difficultés, il ne faut pas penser à l’impuissance de les surmonter mais à l’évaluation des difficultés pour se consolider avec soi-même et l’extérieur. Il est nécessaire de se déculpabiliser car les difficultés sont vitales à la survie. L’amour permet de s’affirmer et d’avoir confiance en soi en gardant son individualité tout en s’unissant à l’autre. Certaines personnes ont trop confiance en elles si un niveau n’est pas atteint du fait d’une sous-estimation de la difficulté ou si un niveau a été atteint du fait d’un dépassement de soi. Il faut ainsi trouver un équilibre entre les personnes qui ont trop ou pas du tout confiance en elles. Pour développer sa confiance en soi et se libérer, il y a plusieurs solutions comme s’écouter et dialoguer avec soi-même en faisant de la relaxation ou encore participer à des stages pour mieux se connaître. La vie pour la confiance des individus est une expérimentation incessante.

La confiance en soi, guérir du manque de confiance en soi.

ESF

Lionel Bellanger est maître de conférences à Paris III Sorbonne nouvelle et au groupe HEC.

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