Julie est caissière dans un supermarché. Elle subit la pression de son supérieur qui la harcèle pour trois fois rien et qui n’hésite pas à user de son pouvoir de petit chef pour lui faire des avances. Les horaires pas pratiques et le salaire dérisoire lui permettent à peine de faire face au quotidien. A 20 ans seulement, elle accepte malgré tout ces conditions parce qu’elle a un fils âgé de 3 ans, Ludovic. Enceinte après une soirée trop arrosée, Julie n’a trouvé aucun réconfort auprès d’un père autoritaire qui l’a mise à la porte.
Elle déprime silencieusement à son poste de travail quand passe Paul. Contrairement à la majorité des clients, il s’intéresse à elle. Sa femme vient de le quitter et il découvre les « joies » des courses en grandes surfaces.
Paul a de l’argent, un fils docteur qui va mal et une maison en Bretagne. Il propose à Julie et à Lulu de se joindre à eux, alors que la jeune femme va prendre ses congés. Méfiante, elle fini par se laisser convaincre de sortir de sa grisaille.

Débuter comme cela on pourrait penser que livre est un mélange entre Les tribulations d’une caissière et Pretty woman. Sauf que la vie n’est pas un long fleuve tranquille (comme le dit si bien Julie) et que le calme de la Bretagne n’est qu’un instant de paix avant la tempête qui s’annonce.
Ne comptez pas sur moi pour en dire plus. Ce serait dommage de ne pas découvrir pas à pas cette très belle histoire de rencontres, de vie et de mort.

Agnès Ledig nous parle des relations que nous avons les uns envers les autres, du bien que peut faire une simple attention, si petite soit-elle, de tendre la main pour s’entraider. Ça ne protège en rien de ce qu’il peut nous arriver dans la vie, mais être soutenu permet de continuer à avancer car de toute façon on ne peut pas faire autrement.
L’auteure a un regard sur les hommes qui mérite de s’y arrêter. Julie se méfie d’eux au départ (le père, le chef), puis découvre que Paul et son fils Jérôme (veufs tous les deux) sont différents de l’image qu’elle a de ceux qu’elle a eu comme modèles. Elle est le catalyseur du groupe, sa force et son moteur.

Et puis entre Julie et son fils Lulu, la relation est fusionnelle. Le petit garçon est le centre de son monde, où peu à peu une famille va naître, celle qu’on se fait, celle qu’on choisit.

Ce bouquin est écrit avec humour, intelligence et sensibilité. Il m’a arraché des sourires et des larmes. Agnès Ledig dans son récit, souffle le chaud et le froid mais reste toujours crédible. Jamais elle ne tombe dans le pathos alors qu’elle aborde des sujets graves. Ce n’est pas donné à tout le monde et ce n’était pas gagné d’avance. Les sujets les plus tabous (oui je sais, mais non je ne dis toujours rien) sont traités avec pudeur et maîtrise.

On ne peut jamais parier sur le succès d’un livre, en tout cas il serait dommage de passer à coté de celui-là.

Juste avant le bonheur, Agnès Ledig
Albin Michel

Sortie le 2  mai 2013

L’auteure :
C’est le second livre d’Agnès Ledig après Marie d’en haut (coup de coeur des lectrices du prix Femme Actuelle 2011)

Voici l’interview d’Agnès Ledig à la Foire du livre de Saint-Louis 2013 lors de la parution de son livre.


Categories: Passion

8 réponses actuellement.

  1. stéphanie dit :

    Tout à fait d’accord avec luc, liseuse etc. J’ai été emportée par la première partie, les bons sentiments qui font du bien.
    Mais alors après l’accident, on tombe dans le pathos, le cliché, on dirait un téléfilm M6 pour faire pleurer dans les chaumières. Que de longueurs pénibles uniquement pour faire pleurer, sinon pourquoi rester aussi longtemps dans les détails du funérarium, enterrement, cercueil ouvert etc. Horrible! !!!

  2. amandine dit :

    ce livre est magique tout commence bien pour cette jeune femme Julie dont la vie ne lui a pas fait que des cadeaux. Elle est prise dans une spirale de bonheur grâce a un homme inconnu qui a été touchée par une petite larme qu’elle a verser. Non seulement les personnages se soutiennent mais ils se font du bien chacun à leur tour en utilisant leur personalité julie pour sa fraicheur et sa jeunesse et sa tenacité à rien laisser tomber lulu pour son innocence jerome par sa sensibilité et son père pour sa générosité et son reconfort. ce livre est une belle preuve d’humanité et de sincérité et donne un coup de pouce a tous ceux qui vivent des moments difficiles et dieux sait s’il y en a. Personne n’est épargné de vivre un terrible moment dans sa vie la perte d’un être aimé la maladie. Ce roman nous montre comment se raccrocher a la vie et ne pas perdre espoir même si la guérison n’est jamais totale. Les commentaires précédents qui disent que c’est bourré de clichés n’ont pas connu cette situation et seront bien content de se trouver dans la même situation que julie après un tel drame. Merci a Agnes Ledig pour ces larmes versées au milieu du roman après tant d’espoir que le petit Lulu se réveil et merci pour cette élan de générosité qui réchauffe les coeurs on ne vit peut etre pas dans un monde totalement de brutes. ça du être douleureux de raconter son vécu mais le résultat est là ce n’est pas la pitié ni de la compassion mais du respect. Vous pouvez réecrire quand vous voulez je serai au rendez vous je vais lire Marie d’en haut que je n’ai pas encore découvert.

  3. Pfeiffer dit :

    Mais avez vous au moins lu le livre Mr ? Êtes vous père ? Êtes vous agréable envers les autres ? Facile d accès ? À l écouté ? Et bien j en doute .

  4. Isa dit :

    Un livre à lire dans le train ou à la plage. L’histoire se lit facilement. Le style « écorché par la vie » est pesant. Plaisant et simple, il devrait plaire aux lectrices de Marc Levy.

  5. Luc dit :

    Non, non et non. Un roman d’une mièvrerie confondante, entiché de clichés navrants et consensuels. L’amour est plus fort que tout, l’amitié c’est important, il faut sourire aux petits plaisirs de la vie, savoir regarder les étoiles, s’émerveiller du « craquement des pas dans la neige au milieu d’une nature assourdie pas un épais manteau blanc… »
    Le style « littéraire » s’apparente donc -péniblement- à celui d’un magazine féminin pré-pubère, le tout mâtiné d’une bonne dose de « philosophie du bonheur », clichés et leçons de vie d’un niveau CM1, péniblement distillés au cours d’une intrigue convenue et tire-larmes.
    Fuyez. Relisez Proust, Dos Passos, Pynchon ou Tintin, n’importe quoi. Tout, sauf ce nouvel exemple tragique du manque de génie de nos littérateurs français…

    • Nounoute dit :

      et ben dis donc, c’est fort là quand même comme critique, Luc!!!
      Ce roman est une magnifique leçon de vie, ou comment tirer le positif des situations les plus tragiques. La vie, tout simplement. Je pense qu’il faut avoir connu quelque chose de dur dans sa vie pour comprendre à quel point chaque mot de ce roman est vrai, sincère, simple et beau.
      Un bout de vie, magnifiquement bien écrit, qui remue le lecteur, le rend triste, heureux. Les personnages sont attachants, on a presque l’impression de faire partie de leur vie.
      J’ai adoré, et je le recommande.

    • Caro dit :

      Tout à fait d’accord avec Luc qui a trouvé les mots (sévères) mais justes ! Une succession de clichés et de situations convenues sucrées jusqu’à l’indigestion !

    • Liseuse dit :

      Entièrement d’accord Luc ! Un roman dégoulinant de mièvrerie et de pathos. Les chapitres racontant la mort et l’enterrement sont un « chef d’oeuvre » dans le genre !


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