Jean-Pierre Chevènement, homme de convictions et aussi de cœur, ministre emblématique de la Ve République qui ose démissionner de sa fonction pour affirmer son indépendance d’esprit, rassemble de nombreux sympathisants, aussi bien à droite qu’à gauche.

Longtemps accusé d’avoir fait perdre le Parti Socialiste en 2002, un comble pour celui qui a mené une campagne de convictions, – il faudrait également se pencher sur les raisons qui font avancer le Front National dans tous les sondages d’opinion et à chaque nouvelle élection – il revient aujourd’hui, serein, présenter son nouveau livre La France est-elle finie ? A l’heure actuelle, il ne serait que candidat hypothétique aux prochaines élections présidentielles, « pour faire bouger les lignes », dit-il.

Fervent défenseur des intérêts français, historien averti de la politique monétaire internationale, il avance ses idées comme on défend un programme électoral qui ne dit pas son nom. Pour Jean-Pierre Chevènement, le salut de la France viendra d’un Homme providentiel et la crise que nous traversons actuellement et qui est loin d’être terminée est propice à l’émergence de cet Homme. L’Histoire retient que ce sont les circonstances qui favorisent cet avènement : Clemenceau et De Gaulle en sont des exemples au XXe siècle.

Président de la Fondation Res Publica, club de réflexion sur les enjeux principaux du monde d’aujourd’hui, il manifeste un amour immodéré de son pays et souhaite ardemment le voir retrouver le chemin du développement et de la prospérité.

L’instant de grâce arrive lorsque Jean-Pierre Chevènement raconte, non sans humour, la période qu’il a passée entre la vie et la mort, en plein exercice du ministère de la Justice, suite à un accident d’anesthésie en 1998. On se doute évidemment que les événements relatés aujourd’hui avec beaucoup de hauteur ont été une épreuve initiatique pour l’homme et son entourage et que l’époque n’était pas teintée de la même insouciance. Le public l’ovationne lorsqu’il quitte la salle. Cet homme plaît et rassemble.

Bien plus rompu qu’un écrivain aux séances d’embrassades, de poignées de mains et autres dédicaces, c’est avec un bonheur affiché que l’ancien maire de Belfort a pu apprécier à quel point il est toujours populaire. Une chose est surprenante dans le climat de suspicion médiatique actuel, c’est le nombre de dames souhaitant se faire photographier à ses côtés, un baiser sur la joue. Assurément la politique rend sexy et à soixante-douze ans Jean-Pierre Chevènement n’a rien perdu de son charme.

Jean-Pierre Chevènement

La France est-elle finie ?

Editions Fayard

Fondation Res Publica



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