Erlendur Sveinsson, le policier récurrent d’Indridason, va mener une enquête en solo, sans en informer ses collègues habituels. Alors que le suicide d’une jeune femme est établi, certains éléments vont peu à peu inciter Erlendur à poser quelques questions. Pourtant, rien n’indique la moindre présence autre sur les lieux du drame et l’autopsie non seulement ne révèle rien d’anormal mais vient confirmer la thèse du suicide.
Parallèlement, une autre affaire occupe son esprit, qui date des années 1970 et dont aucune piste n’a jamais été trouvée. Le père d’un jeune homme disparu à l’époque va bientôt mourir, et Sveinsson va une dernière fois poser quelques questions.
Ce nouvel épisode du désormais célèbre flic est le résumé parfait de ce que j’aime dans ses aventures. Erlendur est un acharné, qui relie de minuscules indices pour en faire des bouts de pistes. Son boulot est sa raison de vivre, il ne voyage pas, n’aime pas sortir au théâtre ou au cinéma, il en oublierait presque de se nourrir. L’histoire est bien menée entre ce suicide et cette histoire à la « Cold case », l’auteur donnant même une couleur métaphysique au récit.
On en apprend aussi un peu plus sur le drame qui a bouleversé la vie d’Erlendur, la disparition de son petit frère, alors que les deux enfants s’étaient perdus dans la montagne. Cet épisode, qui fait surface dans chaque enquête est décrit avec plus de précisions, car on connait enfin le contenu du livre, consacré aux disparitions, où l’histoire est relatée.
Enfin, on en apprend plus sur son mariage raté et les relations avec sa fille vont quelque évoluer. La famille est très présente dans l’univers de l’inspecteur, mais pas d’une façon joyeuse.
L’ambiance est toujours aussi sombre et mélancolique alliant culpabilité et désir de rédemption. De mon point de vue, un des meilleurs de la série.

Hypothermie, Arnaldur Indridason
Points

L’auteur :
Indridason est né à Reykjavik en 1961, diplômé d’histoire, ancien journaliste et critique de cinéma.



Categories: Policier

1 réponse actuellement.

  1. Beatrice dit :

    J’aime bien aimé ce polar qui se lit d’une traite, comme une grosse gourmandise. Je regrette simplement qu’on devine dès le début qui a trempé dans cette sombre histoire, dans la mesure où le coupable est celui qui a été interrogé très superficiellement, ce qui est assez surprenant. On se doute dès lors qu’on y reviendra…

    Dans la foulée, j’ai lu « La Voix », une enquête assez étrange sur le meurtre du portier d’un hôtel – et Père Noël à l’occasion, dont le passé ressurgit. Dans ce livre comme dans le précédent, Arnaldur Indridason excelle dans l’analyse des rapports intra-familiaux… et nous bassine un peu avec la sienne aussi, dans laquelle il ne se passe en effet pas grand chose de bien joyeux.

    C’est bien ficelé, habile et bien mené, mais je trouve qu’il y manque la profondeur psychologique d’une Ruth Rendell ou la crudité d’un Michael Connelly… Ceci dit on peut apprécier l’ambiance certainement bien restituée d’une Islande aux sites fantastiques.. avec leurs noms imprononçables !

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