Je sais que le LSD existe sous différentes formes mais je n’ai jamais entendu dire ou lu quelque part qu’on puisse le trouver sous forme de confiture. Pourtant pour écrire un livre comme celui-là Don DeLillo a forcément dû en absorber un nombre incalculable de tartines chaque matin à son petit-déjeuner pendant un certain temps.

Ou alors c’est tout simplement son héros (puisque le livre est rédigé à la première personne) qui se trouve dans un état mental indescriptible… Enfin, pour le lecteur le résultat est le même : on n’entre pas dans Great Jones Street comme dans n’importe quel autre bouquin. Un style incroyable, psychédélique à souhait. Faut aimer… Personnellement j’aime beaucoup mais ça fatigue. A tel point que je ne vais pas me remettre à lire cet auteur tout de suite, il faut que je m’en remette d’abord. Bon, passons au résumé :

Début des années soixante-dix, Bucky Wunderlick, jeune chanteur charismatique d’un groupe de rock à son apogée quitte le groupe en pleine tournée pour aller se terrer dans l’appartement minable de sa petite amie Opel dans Great Jones Street. Il a 26 ans, tout va trop vite et il ne sait plus trop où. Pourtant il lui est impossible de s’isoler vraiment puisque tour à tour la moitié de son entourage vient s’inviter inopinément. Son voisin du dessus, Fenig,  un écrivain qui veut lancer un genre nouveau : la pornographie infantile. Avec des enfants et pour des enfants. Sa voisine du dessous dont l’enfant taré est une sorte de monstre. Opel bien sûr, mais aussi son manager, Globke,  des membres du groupe dont Azarian qui va finir sa vie la gorge tranchée.

Tout un petit monde qui s’affaire à découvrir un fameux colis contenant une nouvelle drogue et qui a été confié à Bucky, les anarchistes de Happy Valley, le transformiste Dr Pepper.

Bref, une belle brochette de cinglés qui vont et viennent avec deux objectifs, qu’ils partagent parfois : ramener Bucky sur scène et récupérer la drogue. Wunderlinck lui est totalement indifférent à ce manège infernal. Détaché à l’extrème. Opel meure à ses côtés, on ne sent pas grande compassion, son copain Azarian se fait trancher la gorge, on sent bien que ça l’agace mais ça ne l’empêche pas de discuter tranquillement avec son assassin. Bucky Wunderlick est un mec blasé, désabusé, 26 ans seulement et il n’existe déjà presque plus… parce qu’il a déjà existé autant qu’il pouvait, voire davantage. On pense à Bob Dylan, on pense à Curt Cobain, à d’autres qui auraient pu s’appeler Wunderlick.

Tiens, j’aurais jamais cru écrire un article aussi long…

Great Jones Street

Editions Actes Sud

L’auteur : Don DeLillo est un écrivain américain né en 1936 à New York.

Categories: Société

About Christophe

Lecteur mais aussi (plus modestement) auteur, je vous invite à découvrir mon nouveau livre "Chroniques boulangères réalistes et utiles, Tome 2 : M. Menthol et les rongeurs" dont des extraits gratuits sont disponibles sur ce site.

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