Quand les Verts de 1976 battent et éliminent le Dynamo de Kiev d’Oleg Blohkine, pour Pierre-Louis Basse c’est la grande Histoire qui resurgit au travers d’un autre match qui a eu lieu en août 1942 en Ukraine.
Pierre-Louis Basse est journaliste sportif fan de foot. Les mots ont leur importance. Il a une opinion et est capable de discernement et d’impartialité. Un journaliste quoi ! Je précise pour qu’on ne confonde pas avec les commentateurs braillards, groupies et chauvins, qui essaient de nous survendre des matchs en nous faisant croire que nous assistons à chaque fois à une finale de coupe de Monde et qui qualifient une équipe « d’humiliée » quand elle perd 3-0 à domicile. Les mots ont leur importance…
L’humiliation, les joueurs qui composent l’équipe d’Ukraine dans cette ligue créée à la hâte pendant l’occupation allemande, ils connaissent. Avant de jouer cette rencontre contre l’élite de l’armée de l’air allemande renforcée par quelques joueurs chevronnés venus de Berlin pour l’occasion, ils ont travaillé toute la journée pour une bouchée de pain, et ce n’est pas une expression.
L’armée allemande est en territoire conquis. Quelques mois auparavant elle a massacré 33771 juifs en deux jours à Babi Yar (dont le nom seul donne la nausée) juste à coté de Kiev et a fondu sur Stalingrad moins d’un mois avant la rencontre. Deux mille prisonniers russes meurent de faim tous les jours. L’Ukraine est à feu et à sang, c’est « une forêt de pendus ».
Alors quand les joueurs d’Ukraine, des « Untermenschen », dont beaucoup sont issus du Dynamo rencontrent leurs bourreaux nazis dans un match improbable, ce n’est plus que du sport. Quand à la mi-temps, alors qu’ils mènent 3-1, eux les affamés, et qu’on leur demande de « lever le pied », l’idée de gagner ou de perdre une rencontre de football n’a plus le même sens.
Autour des tous ces effroyables massacres il y a eu des actes de résistance qui ont été parfois insignifiants pour la grande Histoire. Mais quel courage il a fallu pour résister juste un peu et quel prix a-t-il fallu payer ?
C’est le récit proprement bouleversant d’hommes ordinaires dans une période extraordinaire.
Gagner à en mourir, Pierre-Louis Basse
Robert-Laffont
L’auteur :
Pierre-Louis Basse est né en 1958 à Paimboeuf (44). Il est journaliste et écrivain.






Bonjour Hervé !
Merci pour la chronique de ce livre que je vais m’empresser d’acheter !
Bonjour,
La sortie du livre est prévue pour le mois d’avril. Bonne lecture !