Âmes sensibles s’abstenir.

Voilà un bouquin qui n’est pas écrit à l’eau de rose, c’est  le moins qu’on puisse dire.

La Mort relève ici moins du thème que de la véritable obsession. Présente à chaque page, elle semble presque être une certaine forme de vie. Bien qu’elle en soit pourtant la plus stricte négation, l’auteur se refuse à l’envisager telle qu’elle est : rien. Alors elle devient plutôt un tout dont l’ouvrage développe les différents aspects.

La mort que l’on donne, à soi ou aux autres, la mort en tant qu’ état physique : putréfaction, puanteur et déliquescence, la mort enfin comme unique aboutissement et ultime issue à l’impasse de nos vies insensées.

Une interrogation en ligne de fond : y a-t-il une vie avant la mort ?

Le tout baigne dans une noirceur nauséeuse qui ne manque pas de rappeler l’atmosphère pour le moins particulière des livres de H. P. Lovecraft.

Le style est fin et riche, à tel point que lorsque les yeux s’arrêtent sur une lourdeur quelconque ou une répétition inadéquate on ne peut s’empêcher de penser qu’une telle incongruité est un choix délibéré de la part d’Aurélien Rodot.

Dire qu’un tel ouvrage est plus précisément destiné à un public gothique ou Black cave serait affreusement réducteur. Tout lecteur aventureux et désireux de quitter un moment les lignes de la littérature conformiste ou bon enfant fera de sa lecture de Fin de Cycle une véritable expérience personnelle. Pas un moment de détente mais bien la découverte d’un écrivain hors du commun qui ose digresser sur la mort et le néant.

Fin de cycle, Aurélien Rodot
The Book Edition

Categories: Théâtre

About Christophe

Lecteur mais aussi (plus modestement) auteur, je vous invite à découvrir mon nouveau livre "Chroniques boulangères réalistes et utiles, Tome 2 : M. Menthol et les rongeurs" dont des extraits gratuits sont disponibles sur ce site.

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