Evaluer, c’est produire de la valeur, ce qui n’est pas le cas de la note–sanction, moyen de sélection par l’échec de l’élève.

L’évaluation peut s’appuyer sur la psychologie, lorsqu’elle est teintée d’une appréciation positive. Mieux : l’erreur de l’élève est une indication précieuse, et utilisable, alors qu’une dévalorisation hâtive risque de l’inhiber, et qu’une évaluation -régulation permet de le stimuler.  Une alternative peut se trouver dans l’évaluation formatrice, appuyée sur des critères explicites, dans le cas où l’élève est associé à la réalisation des objectifs, des méthodes et de l’évaluation des résultats.

Ainsi,  l’évaluation dépréciative apparaît comme artificielle, voire comme une forme de démission de l’enseignant. Si la « capacité » à infliger de mauvaises notes est souvent perçue paradoxalement comme un facteur de crédibilité, d’autres anomalies apparaissent également dans ces études. Les notes chiffrées restent le support préférentiel de l’évaluation, alors que des appréciations qualitatives, détaillées, sont bien plus exploitables par l’élève. Mais alors, plus de moyenne, cet indicateur déformant, réducteur, angoissant, voire démotivant, la forme chiffrée n’enlèvant rien à la relativité des notes. Serait-il possible de tout évaluer ? Y aurait-il des exercices le permettant ?

Il est par contre possible de donner du sens aux activités d’évaluation, en introduisant des courbes qui apprécient les progrès engrangés, des évaluations qualitatives, des évaluations en situation vraie,  des indicateurs interdisciplinaires, etc…

Les enseignants peuvent également enrichir le sens de leurs corrections, valoriser l’autoévaluation, proposer la pratique du portfolio. Il en va de même pour l’évaluation de l’enseignant, dont la pertinence pose la question d’un référentiel convenable, l’inspection individuelle n’ayant plus qu’un faible crédit.

Le livre s’adresse aux enseignants, propose des encarts récapitulatifs, comme par exemple cette charte éthique des inspecteurs ou ces grilles d’évaluation des maîtres et des élèves… Une bibliographie et une webographie offrent des prolongements. La révolution de l’évaluation reste à mener.
L’auteur, qui a suivi tout le parcours de probation, de mauvais élève à maître de conférences en sciences de l’éducation, continue à régler, de manière constructive, ses comptes avec le système scolaire.

Evaluer sans dévaluer

Editions Hachette éducation

L’auteur : Gérard de Vecchi publie de nombreux ouvrages sur l’éducation nationale.

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