Le commissaire Erlendur se trouve dans la région des fjords de l’est où il se promène inlassablement dans la lande. C’est la région où il est né (il dort dans la maison familiale délabrée) et où son petit frère a disparu alors que les deux enfants, respectivement âgés de 10 et 8 ans, étaient sortis avec leur père. Séparés par une tempête violente, Erlendur et son père ont pu être sauvés in extremis alors que le corps du cadet n’a jamais été retrouvé. Depuis, le flic garde ce douloureux souvenir en lui et passe son temps libre à s’intéresser aux disparitions. En entamant une conversation avec un chasseur qu’il croise par hasard, lui revient en mémoire l’histoire de Matthildur. La jeune femme avait disparue en 1942 surprise par une tempête et son corps n’a jamais été retrouvé non plus. Faisant route dans l’autre sens, 60 soldats britanniques avaient été piégés eux aussi, mais vivants ou morts, tous avaient été retrouvés.
Erlendur, mû par cet intérêt particulier des disparus va, soixante ans plus tard, tenter de comprendre ce qu’il s’est passé.

Ceux qui connaissent les précédents livres mettant en scène Erlendur connaissent l’histoire de son enfance car elle est toujours plus ou moins présente. Que ceux qui découvriraient le personnage ne soient pas effrayés, on peut lire ce roman sans aucun souci, tout y est parfaitement clair. Cette fois le flic n’est pas sur une enquête officielle. Mais errant comme à son habitude sur les lieux du drame familial, il va revivre une partie de son enfance tout en s’intéressant à une histoire encore plus vieille.

Le résultat de ce cold case islandais est tout simplement excellent. On y retrouve tous les cotés sombres et torturés du commissaire dans une région difficile où la nature et les gens sont rudes. Hanté par la disparition de son frère il mène cette enquête alors que les rares personnes qui peuvent encore témoigner sont des vieillards ou leurs descendants qui en savent peu. C’est certainement un des romans les plus noirs et mélancolique de la série.
C’est une fois de plus une histoire écrite de main de maitre, où Erlendur, avec sa persuasion son entêtement et son esprit de déduction, arrive a assembler des petits bouts de pas grand chose pour arriver à ses fins. Mêlée à son histoire personnelle, cette enquête prend un sens important dans la compréhension du personnage. Mais chut, pas un mot de plus ! C’est juste un de ces polars qu’on a hâte de retrouver le soir au coin du feu, mais dont on freine la lecture pour ne pas le terminer trop vite. Un vrai supplice.

Étranges rivages, Arnaldur Indridason
Métailié (février 2013)

L’auteur :
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, diplômé d’histoire, ancien journaliste et critique de cinéma.

Categories: Policier

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