La vie de Gustavo, et celle de sa famille, bascule au petit matin à 6h, heure à laquelle la police peut débarquer chez vous pour perquisitionner. Immigré argentin, installé depuis longtemps en France, il a le jour même une présentation importante pour son avenir professionnel. Mais les accusations contre lui sont graves, homicide volontaire, une affaire qui date de plusieurs années. Les flics sont sûrs de leur coup, les preuves sont évidentes, Gustavo est embarqué sans ménagement. L’appartement est dévasté par les recherches. Un tsunami s’est abattu sur la famille. Sophie, sa femme, essaie de reprendre rapidement ses esprits. C’est forcément une erreur.

En lisant le livre, vous saurez si effectivement Gustavo est coupable ou pas. L’intérêt du roman n’est pas uniquement dans cette question. Ce qui est intéressant, c’est le rouleau compresseur qui se met en route une fois que l’affaire commence. Le flic qui mène l’enquête depuis des années a très bien fait son boulot, il a mis le temps mais il a accumulé toutes les preuves nécessaires pour coffrer Gustavo qui clame son innocence. La machine judiciaire est en route. Et la machine médiatique aussi. Etre arrêté chez soi, puis passer dans son entreprise avec la police suffit à mettre en doute l’innocence de n’importe qui. Les réseaux sociaux sont devenus un indicateur de vérité. Les tribunaux populaires s’emballent, coupable ou innocent, chacun a son opinion sans rien n’y connaitre, sans compter les « fake news » qui se développent.
On avait autrefois l’image des badauds qui se pressaient à l’entrée d’une prison ou d’un tribunal pour déverser leur haine envers le coupable désigné. Aujourd’hui quelques clics suffisent pour le faire en tout anonymat. La charge est féroce et bien vue.

Mathieu Menegaux nous entraîne dans une histoire d’autant plus inquiétante qu’on peut imaginer qu’elle pourrait arriver à n’importe qui. L’écriture ne nous laisse pas le temps de souffler, les faits s’enchaînent. Et surtout il traduit admirablement les angoisses des protagonistes, la pression qu’ils subissent. Et quand on n’est pas préparé, on est capable de n’importe quoi pour échapper à son sort, et ça c’est franchement flippant !

Est-ce ainsi que les hommes jugent, Mathieu Menegaux
Grasset

L’auteur :
Mathieu Menegaux est né en 1967. C’est son troisième roman.

Categories: Policier, Suspens

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