Si vous aimez les romans policiers et les grands espaces de l’Amérique des cow-boys et des indiens, vous allez adorer ce roman.
L’action principale se déroule dans le comté d’Absaroka (ce qui probablement ne vous dira rien), dans l’état du Wyoming de nos jours. C’est l’état le moins peuplé des États-Unis et sa capitale est Cheyenne. Comme ce nom l’indique, la culture amérindienne – notamment Crow ou Cheyenne – y est toujours très présente et c’est la même chose dans le roman au travers de nombreux personnages comme Henry Standing bear, ami du shérif Walt Longmire.
Le cadavre d’une jeune femme d’origine asiatique va être retrouvé près de l’autoroute. Cette affaire va réveiller chez le shérif des souvenirs marquants de la guerre du Vietnam ou il était enquêteur pour le corps des Marines, juste avant l’offensive du Têt et, où pour passer le temps il allait dans un bar à Saïgon, le « Boy-Howdy Beau-Coups Good Times Lounge » (ça ne s’invente pas) pour s’y saouler et y jouer du piano.

Le récit alterné nous fait découvrir deux aspects de l’Amérique que nous ne connaissons pas forcément très bien : la rurale d’aujourd’hui, bien loin des villes modernes où il est très compliqué d’avoir une connexion wifi ou un réseau de téléphone portable et celle de Vietnam qui a laissé une trace profonde dans les esprits des deux camps.

L’écriture de Johnson est très précise et on passe d’un univers à l’autre sans aucun problème. L’enquête qu’il poursuit de nos jours nous fait découvrir la chaleur et la poussière de l’été du Wyoming. Si les voitures ont remplacé les cheveaux, il reste les villes fantômes, les hôtels miteux, les serpents à sonnette et les paysages magnifiques. On y découvre des lieux comme le « Hole in the wall » dans les Big Horn Mountains qui était le repère de certaines « gloires » du Far-West comme Butch Cassidy et le Sundance Kid.
La partie qui se passe au Vietnam est très bien décrite aussi, avec le blues des jeunes types qui y partaient, la violence de la guerre (le bruit typique des hélicos…) et les relations qui se sont tissées avec une partie de la population. Les enfants de poussière sont ceux qui sont nés d’unions mixtes.
Nous rencontrons ici, au travers d’un très bon roman policier, une Amérique qui vit avec ses fantômes indiens et ses traumatismes du Vietnam.
Semper fi.

Enfants de poussière, Craig Johnson
Gallmeister

L’auteur :
Craig Johnson est né en 1961 à Huntington (West Virginia)

Categories: Policier

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