Le titre ainsi que l’intertitre (Les souvenirs amoureux d’Andréa Vajda) laissent supputer un contenu érotique. Et c’est effectivement le cas.

Or je ne suis pas particulièrement adepte de ce genre de littérature, sincèrement. Pourtant ce livre m’a vraiment plu. Parce que l’érotisme me semble n’être qu’un alibi en l’occurrence.  Alors, évidemment le contenu est fort choquant sur le plan moral dans la mesure où les femmes mûres dont l’auteur fait l’éloge et auprès desquelles il découvre l’amour et la sexualité qui va de pair sont toutes mariées, à quelqu’un d’autre s’entend…

Mais par ailleurs le tout est remarquablement bien écrit et l’auteur nous livre bien plus que des détails sexuels (en vérité très peu de sexualité proprement dite) dans la description de ses différentes relations amoureuses. Il dissèque plutôt le relationnel homme-femme et particulièrement jeune homme-femme mûre, et à l’heure où la vague Cougar est devenu un phénomène de société ce livre apporte un témoignage utile sur les états amoureux d’un jeune homme largement investi de manière monomaniaque dans ce type de relation.

Les premières pages m’ont donné à penser que je lisais quelques lignes d’un Stefan Zweig devenu lubrique tant la sensibilité presque féminine du style m’a interpellé. Puis les dernières pages m’ont ravies par la profondeur de la réflexion de l’auteur et par la justesse de celle-ci. Permettez que j’illustre par une citation (page 273):

« Il me semble à présent que chaque fois que j’ai cru apprendre quelque chose sur les gens ou sur la vie en général, je n’ai fait que donner une forme différente à mon immuable ignorance. »

C’est intelligent, c’est délicat. C’est beau.

Je me répète : l’homme moral a été choqué par le contexte scandaleux du propos (je sais bien que nous sommes en 2012, mais je suis atemporel) mais l’esthète a été largement conquis par sa forme.

Pour la petite histoire il convient d’ajouter qu’avant de devenir le phénomène littéraire que l’on sait, cet ouvrage a été publié a compte d’auteur avec de l’argent que Stephen Vizinczey avait du emprunter pour l’occasion.

Éloge des femmes mûres, Stephen Vizinczey
Anatolia

L’auteur :
Stephen Vizinczey est né en 1933 à Káloz (Hongrie)

Categories: Témoignage

About Christophe

Lecteur mais aussi (plus modestement) auteur, je vous invite à découvrir mon nouveau livre "Chroniques boulangères réalistes et utiles, Tome 2 : M. Menthol et les rongeurs" dont des extraits gratuits sont disponibles sur ce site.

1 réponse actuellement.

  1. Roland Kauffmann dit :

    Je suis en train de lire cet éloge majestueux à l’humanité dont les femmes mûres ne sont ici d’une illustration. à recommander

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