Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant ce livre, compte-tenu de la personnalité de l’auteur et du titre du bouquin. Le patron du magazine « Le Point » prend un malin plaisir à brouiller les pistes, donnant de lui une image contrastée, mais toujours brillante. Donc a priori une conversation avec Dieu et sa mère m’intriguait certes, mais sans enthousiasme particulier. Je dois dire que j’ai été agréablement surpris par le contenu du livre.
FOG se livre a un exercice semblable à celui de Jean d’Ormesson dans « C’est une chose étrange à la fin que le monde« , qu’il cite d’ailleurs comme un de ses ouvrages favoris. Il retrace en quelque sorte l’histoire de la théologie au travers de Saint-Augustin, Saint-Anselme, Descartes, Spinoza, Kant et bien d’autres bien moins connus mais qui donne envie d’en savoir plus, comme Simone Weil (1909-1943, homonyme de la femme politique française) auteure de « la pesanteur et la grâce« .
Car Giesbert est croyant, plus exactement un « chrétien surréaliste et obsédé sexuel ». Il parle de sa foi comme quelque chose de joyeux, et va même jusqu’à partager avec nous quelques expériences mystiques vécues ici et là en Égypte ou en Birmanie. Sa mère, décédée il ya vingt ans, était elle aussi croyante et lui a transmis sa foi très tôt : « …de l’eau bénite en guise de liquide amniotique. »
L’auteur explique au fil des siècles comment Dieu a été étudié et comment les plus plus illustres ont essayé de prouver Son existence. FOG a ses préférences et il n’hésite pas à tailler des croupières à certains, notamment à Descartes qui en prend pour son grade. La raison principale est le mépris total que le mathématicien français avait pour les animaux. Giesbert est végétarien et se lance dans un plaidoyer assez touchant en faveur du monde animal, où il va loin dans sa détestation des abattoirs, citant l’historien américain Charles Patterson : « Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux ».
Le journaliste qui fait « un métier de mystificateur patenté » nous emmène sur de nombreuses pistes de réflexions, qui pourront sans doute donner matière à controverse. On n’en attendait pas moins de lui.

Dieu, ma mère et moi, Franz-Olivier Giesbert
Gallimard

L’auteur :

Franz-Olivier Giesbert est né à Wilmington, Delaware (USA) en 1949

Categories: Essai, Philosophie

1 réponse actuellement.

  1. [...] aux Etats-Unis en 1949, ce fervent croyant assume sa foi dans son dernier roman Dieu, ma mère et moi, sans faire de prosélytisme. Sous une apparente nonchalance, cet homme aime la vie et est un [...]

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter