Hans-Wilhem Kalterer et Ruprecht Haas étaient, comme beaucoup d’autres, de ces Allemands qui ont applaudit l’accession d’Hitler au pouvoir en 1933. Onze en plus tard en 1944, alors que le pays s’effondre et que les Russes sont aux portes de Berlin, leur vision du national-socialisme n’est plus précisément la même.
Kalterer était flic avant d’endosser l’uniforme SS. Il a servi à l’est et a quelques remords sur ses « activités » sur le terrain. Blessé et de retour à Berlin, il rejoint la police criminelle à la demande de sa hiérarchie pour enquêter sur le meurtre d’un dignitaire nazi nommé Karasek. Il va vite se rendre compte que ce meurtre est lié à d’autres. Outre la difficulté de sa mission car il est surveillé de près, il sait aussi qu’un échec ou une résolution trop rapide de l’affaire lui vaudraient de toute façon un billet pour le front russe en manque d’effectifs. Il est perdant sur tous les tableaux.

Haas a été arrêté pour propos contre le Régime et déporté à Buchenwald. Il profite du bombardement du camps pour s’évader. Il rentre à Berlin pour retrouver sa femme et son fils et tenter de découvrir par qui il a été dénoncé. Il ne va pas lésiner sur la manière. Le désir de vengeance qui pousse Haas est si fort qu’il est prêt à tout pour découvrir celui qui l’a trahi. Il va mener sa propre enquête tout en se cachant dans les ruines de de la ville.

L’histoire se déroule alors que la capitale allemande subit d’incessants raids aériens. Dans la ville c’est le chaos le plus total et la population se terre. Alors que la guerre est perdue depuis belle lurette, les autorités font presque comme si de rien n’était. La paranoïa est à son comble, les mouchards sont partout. Ceux qui croient encore à une victoire du IIIème Reich sèment la terreur contre ceux qui auraient des comportement « défaitistes ». Les désertions sont nombreuses (avec leur lot d’exécutions), la population est terrorisée et exténuée par les bombardements alliés et inquiète de l’avancée de l’Armée Rouge.
Le livre est non seulement un excellent roman policier, mais il montre aussi l’état d’esprit des Allemands au travers de Kalterer et Haas, qui voient s’effondrer leur pays et prennent conscience des chimères auxquelles ils avaient crues. Les deux hommes ne sont ni sympathiques ni des héros. Chacun essaie de survivre à cette fin de guerre, portant sur leurs épaules leurs erreurs, leurs regrets, leurs malheurs. Le mal est fait, la fin de la guerre est proche et il ne reste qu’a essayer de survivre.

Si bien que qu’il arrive un moment où on peut penser que la résolution des crimes n’a plus d’importance au regard des drames personnels qui se jouent. Et c’est là que le livre fait fort : tout en nous décrivant la vie quotidienne dans un Berlin détruit (les bombardements sont décrits de façon magistrale), il arrive à nous tenir en haleine avec une histoire solide qui tient parfaitement la route et dont le dénouement ne déçoit pas.

Deux dans Berlin, Richard Birkelfeld et Göran Hachmeister
Le Livre de Poche

Les auteurs :
Richard Birkefeld (né en 1951 à Hanovre) et Göran Hachmeister (né en 1959) sont historiens.

Categories: Historique, Policier

1 réponse actuellement.

  1. Ce lire est génial ! Je l’ai lu alors que j’habitais Berlin (que j’habite toujours d’ailleurs) et ça me faisais bizarre de passer par des endroits décrits dans le bouquins. C’était comme être dans une faille temporelle.

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