Ce roman se déroule à Paris alors que la ville est recouverte d’un épais brouillard. L’équipe du capitaine Mehrlicht est confrontée à la disparition d’une jeune femme. Lucie est déclarée disparue par sa propre mère, alors que sa mère à elle (la grand-mère de Lucie donc…) a lu la mort de sa petite-fille dans les tarots. Aussi absurde que cela puisse paraître, les flics vont s’intéresser à son cas. D’autant que l’étrange continue de se manifester par une flaque de sang sans cadavre découverte au cimetière du Père Lachaise.

On retrouve avec plaisir le capitaine Mehrlicht, qui a fait des progrès et ne jure presque plus (5 euros par gros mot ça motive) en vue de sa future participation aux sélections de Questions pour un champion. Il fume toujours autant, est toujours aussi irascible et la grippe qu’il traîne n’arrange rien. L’équipe est toujours composée de Dossantos, la brute épaisse amoureuse de Latour, qui sait être diplomate entre ces deux énergumènes.

Le brouillard est un personnage à part entière du roman, il est présent de bout en bout. Il règne de fait une atmosphère presque victorienne, de Londres et de son smog d’où pourrait surgir Jack l’Éventreur. Le livre est une espèce d’hommage à toute la littérature noire à la limite du fantastique. Sont conviés des références à Dracula, Frankenstein, au Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde (encore l’Angleterre), au mouvement gothique et aux tables qui tournent. Le tout sur fond de Nick Cave, Joey Division et on pense à Ain’t no grave de Johnny Cash. Coté littérature Apollinaire, Dumas ou Baudelaire sont de la partie. Le tout mixé au monde moderne des migrants, des violences faites aux femmes (ce n’est pas super moderne, c’est vrai…) et des techniciens de la police scientifique. On se régale dans ce sombre et noir mélange où les monstres existent parfois pour de vrai !
Et au milieu se débat un capitaine de police plus impliqué que jamais et qui cache l’absence de sa femme par une agressivité multipliée.

Pourtant l’auteur nous amuse régulièrement par des dialogues savoureux et des situations cocasses aux dépends ou à cause de Mehrlicht (le genre de type impossible à supporter dans la vie mais drôle dans la fiction comme les personnages incarnés par de Funès). Nicolas Lebel est capable de passer d’un effet comique au drame le plus abominable en une pirouette. Ce qui rend cette terrible histoire un poil plus légère.

Dans la brume écarlate, Nicolas Lebel
Marabout

Categories: Policier

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