A 64 ans au moment où il écrit cette chronique à New-York, Paul Auster se retourne sur son parcours, de sa plus petite enfance jusqu’à aujourd’hui. Entrant lui-même dans l’hiver de sa vie, il se souvient du petit garçon qu’il a été, de l’homme qu’il est désormais, en passant ainsi sur toute les époques de son existence, sans chronologie, comme chacun pourrait le faire dans sa tête, un souvenir en entraînant parfois un autre, parfois sans raison particulière. Il s’adresse à lui-même n’omettant ni joies ni peines, ni euphories ni moments honteux. C’est un tête à tête avec lui-même, faisant le point sans mélancolie particulière, avec lucidité et tendresse.

Il situe précisément les différentes périodes en relation avec ce qu’à vécu son corps : les blessures physiques tout petit, sa première relation sexuelle, les prostituées qu’il allait voir pendant son séjour à Paris alors qu’il était seul, ses crises d’angoisses…
Il évoque ses premières amours, ses femmes et celle qu’il a épousé il y a 30 ans et à qui il voue une véritable admiration. Sa famille aussi est très présente : ses parents (son père meurt prématurément), ses grands-parents, sa belle-famille qui vit dans le Minnesota où Noël gardera jusqu’à la mort de son beau-père le goût des fêtes norvégiennes, les secrets de famille dont l’assassinat de son grand-père, tué par son épouse au début du XXème siècle.

Il détaille tout ce qu’un homme peut faire dans une vie : ce qu’il mange, bois et fume, tous les voyages qu’il a fait, partout où il a habité, les lieux quotidiens où il se déplace, mesurant la chance d’être né ici plutôt qu’ailleurs. Et son amour pour le baseball.
Il a vécu assez longtemps à Paris et dans le sud et il a des souvenirs très contrastés sur les Français. Un des ses pires souvenirs met en scène un chauffeur de taxi parisien.

L’écriture comme toujours est fluide, faite de longues phrases dont je me régale sans me lasser et qui donne un rythme si particulier quand on lit Paul Auster.
Semblant décomposé, le récit se met en place jusqu’au point final où en fermant le livre, nous faisons le constat classique mais un poil amer : la vie passe trop vite.

Chronique d’hiver, Paul Auster
Actes Sud

L’auteur :
Paul Auster est un écrivain américain né 1947 à Newark, New Jersey (USA)

Categories: Passion

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