Si on aime Douglas Kennedy, on appréciera… et si n’aime pas, on pourra changer d’avis à la lecture de « Cet instant-là ».

Car ce thriller psychologique sur fond de Mur de Berlin dans les années 80 est riche à plusieurs égards, aussi l’attention ne se relâche pas.

Tout d’abord en raison de son contexte en pleine guerre froide, où DK prouve une fois de plus sa grande capacité d’immersion, pour saisir la psychologie et la manière de vivre des Allemands de l’Est, broyés par un système inepte où l’espionnage est partout.

Ensuite, il va toujours aussi loin dans l’analyse psychologique de ses personnages, comme son héros, écrivain qui s’installe à Berlin Ouest pour écrire un roman, son ami, un artiste-peintre anglais, et son grand amour (perdu), une traductrice d’origine est-allemande. (J’ai d’ailleurs trouvé la description de leurs relations amoureuses un tantinet exagérée et pour tout dire un peu kitsch, mais bon, ça existe peut-être après tout…)

Enfin, Douglas Kennedy emmène le lecteur dans une réflexion vertigineuse et poignante sur les instants cruciaux de la vie, les instants fatidiques où tout peut se décider, et que l’on saisit, ou ne saisit pas… Sur le temps qu’on laisse filer sans écouter la petite voix qui parle en soi, sur les décisions hâtives et irréfléchies, même si à ce moment on pense avoir la bonne attitude, enfin sur ce moment où on découvre qu’il est trop tard, qu’on ne peut plus rien faire ni réparer et que seuls les regrets subsistent.

C’est cette dimension-là qui fait la force dramatique de ce roman, presque 500 pages construites pour finalement quelques phrases qui font tout basculer : celle de la rencontre (un instant), celle de la rupture (un autre instant)…

Cet instant là, Douglas Kennedy
Belfond

Douglas Kennedy est né en 1955 à New-York



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