Dans ce quatrième roman, Alma Brami met en scène une fille-mère qui, par réaction à l’éducation très stricte reçue de ses parents, élèvera sa fille selon des principes inverses : elle se veut une mère proche de son enfant, sa meilleure amie même, toute dévouée à elle, riante, excellente cuisinière de pâtisseries et de gourmandises en tous genres. Elle remplit si bien cet idéal personnel qu’elle ne construit sa nouvelle vie qu’autour de sa Charlotte : son désarroi lorsque celle-ci est en âge d’entrer au collège et commence à se construire sans sa mère se comprend donc aisément. Apparaissent les failles de cette éducation, tant du point de vue de Lili que de celui de Charlotte qui se pose un certain nombre de questions légitimes : qui est son père ? Pourquoi n’en a-t-elle pas ? Pourquoi les gens pensent-ils que sa mère est sa grande-sœur ? De plus, en léger surpoids et au début de son adolescence, elle se sent mal dans sa peau.

Face à ce duo familial, est placé celui des parents de Lili : si on peut les croire tout à fait « noirs » au début du récit, des nuances sont ensuite apportées lorsque la narration se place selon leur point de vue. Eux aussi ont voulu agir pour le bien de leur fille en lui donnant une éducation stricte et en voulant la faire entrer dans le « moule » social. Après leur échec, ils ont reporté tout cet idéal sur leur seconde enfant, surnommée Zaza : de même, si celle-ci apparaît futile et un peu niaise sous le regard des autres personnages, elle se révèle toute autre une fois son intériorité dévoilée au lecteur. Bref, comme vous l’aurez compris, aucun personnage n’est tout à fait manichéen dans ce texte d’Alma Brami, qui y déploie l’art des nuances et des sentiments humains. De cette façon, elle parvient à interpeler, à interroger, sans vraiment donner une réponse toute faite : au contraire, tous les clichés idéaux tombent les uns après les autres, victimes de leurs failles.

Outre cette intrigue très bien menée, j’ai également apprécié le style d’écriture de cette jeune auteure : il se lit facilement et rapidement, tout en gardant une touche élégante qui le rend très agréable. Je compte bien me tourner à nouveau vers cette écriture dans ses autres romans, lorsque l’occasion s’en présentera.

C’est pour ton bien, Alma Brami
Mercure de France

L’auteure :

Comédienne, Alma Brami a été révélée à l’occasion de la rentrée littéraire 2008 avec Sans elle, couronné par de nombreux prix. Depuis, elle a publié Ils l’ont laissée là en 2009 et Tant que tu es heureuse en 2010. Ces trois romans ont été publiés en Chine en septembre 2011. Elle écrit également pour les enfants.


Categories: Education, Passion

About Amandine

Étudiante en littérature, lectrice passionnée et correctrice à mes heures "perdues". Mon blog personnel : http://minoualu.blogspot.com/

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