Anton est un motard, un passionné qui ne vit que pour sa machine. C’est son obsession, sa raison de vivre, son moteur et son carburant, « un mélange de sang, d’huile et d’essence . » Son boulot a pour unique but de payer les traites de son « Élégante », une Triumph Phantom Black.
Taiseux et asocial, il n’y a dans son univers que deux autres personnes : Arman, son rival sur sa Ducati rouge et Leen, seule jeune fille qui a réussi à entrer dans son monde et qui lutte pour ravir le cœur d’Anton à sa rivale, la moto.
Anton ne dort quasiment pas, il attend avec impatience le tout petit matin pour chevaucher son engin à la seule vitesse qui vaille, la plus rapide. Il erre à toute allure au travers des routes de plaine et de montagne en solitaire. Il y a du Robert de Niro dans « Taxi driver« , deux roues en moins, mais aussi du cow-boy solitaire toujours en mouvement.
Coher nous emmène en selle avec lui, et nous percevons la notion de vitesse comme nous percevions les odeurs dans « Le parfum » de Süskind.
Mais il n’y a pas que cela. Il y a aussi le froid, la chaleur du moteur et ses vibrations, la buée sur la visière, l’odeur du cuir, le cliquetis de la moto à l’arrêt…
Le risque de chute est omniprésent, « mais mourir au guidon, ce n’est pas vraiment mourir. C’est comme arriver« .
Et puis il y a ce ménage à trois entre Leen, Anton et l’Élégante. Une histoire d’amour forte qui vous marquera forcément par sa force et son dénouement improbable. Une histoire d’une intensité remarquable, mais impossible d’en dire de trop.
Les motards dont je fais partie retrouveront toutes les sensations qu’ils connaissent quand ils chevauchent leurs engins. Qui n’a pas senti cette impression de fusion avec sa machine, ou flatté le réservoir de sa monture comme pour la remercier de ses performances ?
Pour les « caisseux »comme le dit le livre, ne vous faites pas de souci, c’est tellement bien écrit que vous ne mettrez pas longtemps à vous imaginer au guidon d’une belle bécane. Et piloter une moto reste certainement un des derniers espaces de pure liberté accessible facilement.
Go your own way
.

A lire, mais si possible, lentement.

Carénage, Sylvain Coher
Actes Sud

L’auteur :
Sylvain Coher est né en 1971 à Suresnes

Categories: Passion

2 réponses actuellement.

  1. [...]  Voir également l’article de Passion Bouquins sur son roman Carénage. Categories: Rencontre avec un auteur Cliquez ici pour annuler la réponse. Name (required) [...]

  2. [...] Carénage, Sylvain Coher Un ménage à trois entre un homme, une femme…et une moto. Un livre à sensations fortes avec une histoire d’amour magnifique et désespérée. [...]

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