Blue Jay Way est le nom d’une villa de luxe située dans les hauteurs d’Hollywood Hills, à Los Angeles. C’est aussi réellement une chanson des Beatles qui m’était jusque là totalement inconnue et qui parle de…LA. Si pour vous c’est pareil, vous pouvez l’écouter .
Julien, qui vit aux États-Unis depuis de nombreuses années, vient s’installer dans la villa à la demande de Carolyn Gerritsen, un écrivain dont le jeune homme veut écrire une biographie. Carolyn à un fils de 21 ans, Ryan, qui habite la villa avec son père, Larry Gordon. Ce dernier est un producteur d’émissions de télé-réalité. Il a épousé en seconde noces Ashley, 22 ans, qui était candidate dans une précédente émission… avec Ryan. Le jeune homme va mal et les rapports avec son père sont exécrables. Il traine dans Blue Jay Way avec quelques amis, tous plus étranges les uns que les autres, avec à disposition un cuisinier, un jardinier, une femme de ménage et son avocat. Le luxe est total, l’argent n’est pas un problème, il règne une ambiance décadente avec son cortège de sexe, de drogue et d’alcool.

La « mission » de Julien est de sympathiser avec Ryan et de tenter de le sortir de ce cercle infernal de débauche et de mal être. Julien débarque avec un salaire hebdomadaire de 5000 dollars et avec l’assentiment de tous, juste pour essayer de se rapprocher de Ryan. Pris par la douce torpeur qui règne dans les lieux, il ne s’en occupe pas particulièrement et personne ne semble s’en offusquer. Il est lui-même en proie à des problèmes personnels, entre la mort de son père le 11 septembre dans l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone, la perte de ses amis américains et le manque dialogue avec sa mère. Il se laisse aller à la vie de nanti et a rapidement une relation torride avec Ashley (comment résister à une jeune femme qui chante Fly me to the moon par une belle nuit californienne ?), sans que bien entendu le maitre des lieux soit au courant, en tout cas le croit-il.
Des choses devraient l’alerter beaucoup plus comme des SMS anonymes ou l’effacement de sa carte SIM. Bientôt la réalité va le rattraper, la vraie vie quoi…

Je suis très partagé par ce livre. Malgré ces 550 pages je l’ai lu assez rapidement et pourtant j’ai toujours du mal à savoir s’il m’a plu ou pas. On tourne les pages assez facilement, malgré le nombre de personnages et leurs histoires respectives. Ces personnages sont tous fascinants, comme l’est la vie telle qu’elle est décrite à LA dans ce milieu richissime avec le talent qu’on connait à l’auteur.
Le roman m’a fait le même effet que certains films de David Lynch. On y pense forcément, notamment au film Mulholland drive. Pas par l’intrigue qui n’a rien à voir, mais par cette sorte de fascination qu’exerce le film. Je le regarde toujours de la même manière, me laissant envouter par les images, même si à la fin je me demande toujours si j’ai bien tout compris.
Blue Jay Way m’a procuré les mêmes sensations : fasciné, j’ai continué la lecture et je ne sais pas très bien jusqu’où j’ai été manipulé, ou pas.

Blue Jay Way, Fabrice Colin
Le Livre de Poche

L’auteur :
Fabrice Colin est né en 1972 à Paris

Categories: Thriller

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