Swann est biologiste et vit avec Samuel qui est professeur de sociologie. En rentrant chez elle trouve Samuel mort, assassiné d’une balle dans le dos à bout touchant. Il connaissait son meurtrier. Elle hérite à sa grande surprise d’une maison dont elle ignorait l’existence et qui est habitée par des activistes d’extrême gauche que Samuel hébergeait de son plein gré. Décidée à venger son mari, elle tente de gagner la confiance du groupe dont elle suspecte l’un ou les membres d’être le coupable. Samuel était-il vraiment un militant en rébellion contre le système, prêt comme les autres à commettre des actions violentes ? Mais elle-même est la suspecte numéro 1 pour la police pour le meurtre de son mari. Surveillée par les flics et défiée par le groupuscule, elle essaie de trouver sa place quand une second crime vient bouleverser toutes les données.
C’est un livre bien étrange que celui-ci. On y découvre la vie quotidienne des militants de « l’ultra gauche », en lutte permanente conte le gouvernement, et qui défrayent régulièrement la chronique pour des faits violents. Swann dans un premier temps y vivote, cherchant quel était le rôle de Samuel. Elle n’est pas admise parmi les autres, mais étant chez elle, elle a tout loisir de fouiller un peu partout, trouvant un livre de « recettes » qui explique comment mener une petite guérilla urbaine. On a l’impression qu’elle vit dans une sorte de brouillard, à moitié fascinée par les personnages autour d’elle.
D’autre part les deux policiers qui suivent cette affaire sont particuliers eux aussi : Legal, malade, voit des militants partout et Bouveresse est persuadé de la culpabilité de la jeune femme. Leurs avis sont opposés et ils ne s’entendent pas.

Si le livre se lit facilement, j’ai eu un peu de mal à me mettre à la place de l’héroïne dans ce roman. C’est un peu l’histoire de gens bien élevés et issus de bons milieux sociaux qui dérivent vers l’anarchie. Les idées et les techniques de ces activistes sont décrites de façon réaliste, ça fait froid dans le dos. Notamment la capacité qu’ils ont de mener des actions extrêmement violentes pendant une manifestation, puis de se fondre dans la foule comme si de rien n’était.
Quant à la résolution de l’énigme, elle se trouve dans l’épilogue, ce qui est assez rare. Avant on ne comprend pas vraiment ce qu’il s’est passé, même si voit comment les choses dérivent. Un livre plus intéressant pour la découverte de ce courant politique que pour la résolution du meurtre qui est étrange.

Black Blocs, Elsa Marpeau
Gallimard

L’auteur :
Elsa Marpeau est née à Ancenis en 1975

Categories: Policier

4 réponses actuellement.

  1. Je viens d’achever la lecture de ce bouquin qui m’a véritablement beaucoup plu. Contrairement à Hervé je me suis très facilement identifié à l’héroïne. Peut-être parce que je connaissais un squat à la Croix de Chavaux… Par contre j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver entre les deux personnages de flics, tendance à les confondre. Mais une belle découverte au final.

  2. Mon cher Hervé, si tu veux bien me le mettre de côté, je le lirai volontiers à) l’occasion…

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