Ce qu’il y a de bien avec Michaël Mention, c’est qu’il n’est jamais là où on l’attend. Mais il n’ira pas jusqu’à nous faire un tome pour la collection Harlequin quand même, loin s’en faut et tant mieux. Encore qu’en y réfléchissant… Bref. Fils de Sam, sa trilogie Anglaise, Jeudi Noir, Le carnaval des hyènes n’ont de commun que la férocité des propos et un goût (très) marqué pour la musique rock.

Ce nouveau roman qui se déroule dans un bled perdu et isolé de tout en Australie ne déroge pas aux bases mentioniennes.
Un bled perdu en Australie ce n’est pas exactement comme chez nous. Précisément, dans l’Outback, il fait particulièrement chaud la journée, plus de 50°, et très froid la nuit, les températures sont négatives. Le patelin en question est composé de 16 hommes et d’une femme. Les autres sont mortes, la dernière était Dora, la prostituée. Ils passent leur temps à boire la bière locale au bar local, à faire quelques trafics, chasser, violer l’idiot du village, la routine. Elle leur prépare à manger, nettoie tout après leur passage, évite de se mêler de leurs histoires. Elle est protégée (une femme pour 16 hommes, pas la peine de faire un dessin) par Quinn, le shérif boiteux qui tient tout ce petit monde, son flingue dans une main, une bible dans l’autre. Il n’est pas bien vu de rater la messe à Cotton’s Warwick. Il y a aussi l’autre, qui travaille à l’abattoir et qui n’est pas spécialement apprécié, mais il faut bien que quelqu’un fasse le sale boulot.
Le fragile équilibre de ce petit groupe va vaciller à la suite de la découverte d’un cadavre, puis d’un autre. Et de vaciller on va passer à sombrer dans une folie indescriptible. Enfin pour dire vrai, décrite par l’auteur et là, toutes nos certitudes s’effondrent. L’Univers en a ras-le-bol des Hommes et va se déchaîner, les laissant se livrer à toutes les turpitudes possibles et inimaginables avant le Jugement Dernier. On doit parfois relire pour être certain d’avoir bien compris ce qui se passe !
Mention bascule dans un décor à la Stephen King, là où on ne sait plus si l’horreur tient du réel ou du cauchemar, où le fantastique se mêle au quotidien. Le quotidien de base dans cette histoire étant déjà très particulier, quand tout part en vrille ça fait très mal et les héros ont du mérite dans cette folie alcoolisée, odorante et sonore (mais qui connait Amon Düül II, groupe allemand des 70’?)
Putain, ça décoiffe !

Bienvenue à Cotton’s Warwick, Michaël Mention
Ombres Noires

L’auteur :
Michaël Mention est né en 1979 à Marseille

Categories: Thriller

You must be logged in to post a comment.

  • Facebook
  • Twitter