L’éditeur Chronique sociale, de Lyon, propose un catalogue centré sur une idée positive de la personne humaine. Les références concernent des outils de compréhension de la personne et de la société, ainsi que des ouvrages de communication, de pédagogie et de formation. Au croisement  de ces préoccupations, on trouve notre ouvrage, très pratique d’accès pour celui qui veut améliorer sa relation à la personne âgée, voire à la personne âgée oublieuse.

Le livre est construit de manière progressive et pratique : d’abord les éclairages nécessaires sur le souvenir les maladies de la mémoire chez les personnes âgées, puis une partie très progressive sur la méthode des ateliers, enfin, des suggestions d’activités thématiques. Une bibliographie et des indications sur le projet européen de réminiscence font partie des informations utiles finales.

L’intérêt premier de ce livre est d’offrir une méthode pour maintenir une communication valable avec les personnes âgées atteintes de troubles de la mémoire. En effet, loin de considérées ces personnes de manière négative, en portant des jugements, ou en critiquant ce qu’elles disent, ou en les reprenant quand elles se trompent, le livre rappelle avec force que ces personnes sont atteintes d’une déficience de la communication. Mais cette déficience peut être efficacement, si leur entourage sait les écouter.

Une clé est donnée par le conseil de valider la portée émotionnelle de ce qui est exprimé, plutôt que de se polariser sur le sens superficiel.

La méthode, qui fait l’objet de la seconde partie, est développée dans ses aspects organisationnels, et se base sur l’emploi de tout objet susceptible de faire remonter des souvenirs, que ces objets soient regardés ou manipulés, à domicile comme en institution. Mais pourquoi est-il si important d’écouter ces personnes ? C’est qu’une écoute attentive et positive rassure et valorise, et apporte une amélioration significative du comportement et de l’humeur. Pratiquer une écoute de qualité est à la portée de toute personne désireuse de garder le contact, et n’est pas réservée aux professionnels. En tenant compte des indications du livre, chaque personne de bonne volonté peut , avec tact et prudence, jouer ce rôle qui allège le quotidien d’une grande souffrance secrète et préserve la qualité de vie.

Mais, outre les très riches indications pratiques, l’intérêt le plus grand du livre consiste en son ton et sa philosophie. Il tient la personne âgée, même atteinte de démence sénile, avant tout comme une personne respectable. Une telle personne se sent souvent incomprise, privée de considération, ce qui génère anxiété et insécurité. Elle ressent des difficultés à s’exprimer, et souffre du sentiment de perdre le contrôle de sa vie. Une écoute basée sur les souvenirs, y compris les souvenirs les plus lointains, permet de reconnaître la richesse d’une expérience passée et de s’en enrichir. Grâce à une écoute de qualité, ces personnes préservent une activité sociale, conservent de l’estime et de la confiance en elles, et gardent un sentiment de maîtrise de leur vie.

Animer un atelier de réminiscence avec des personnes âgées

Chronique sociale, Lyon, 2008, 3° édition

L’auteur : Arlette Goldberg (traductrice), Paul Schweitzer, Errollyn Bruce, Sarah Hogson



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