Contrairement à ce que j’avais pu supposer en lisant les tomes 1 et 2, les numéros suivant ne sont pas la suite des deux premiers. Ce qui est plutôt pas mal car avec cette manière de faire des suites à tire-larigot, on en arrive à oublier le début de l’histoire et, last but not least, ça représente un bon budget que d’acquérir une collection entière. Là pas de problème, vous achetez les deux tomes et vous avez la fin.
Dans le premier tome intitulé « Omaha Beach », l’histoire débute le jour J, au moment où Gavin Jentro, jeune soldat de l’armée américaine, descend par cordages de son navire de guerre pour grimper dans une barge de débarquement. Prochain arrêt : les plages de Normandie. Il se remémore les moments qu’il a vécu à cet endroit même avant la guerre en 1938, quand avec ses parents (sa mère est française) il passe quelques semaines de vacances. C’est là qu’il va tomber amoureux d’une jeune femme habitant la cote normande, Joanne. Quand à la fin de l’été il repart en bateau aux États-Unis, il ne sait pas encore que c’est encore par la mer, et seulement six ans plus tard, qu’il reviendra en France.

L’histoire d’amour est le cœur du livre, tranchant singulièrement avec les drames qui se déroulent jusqu’à la libération. Il est facile de s’identifier aux personnages par la « simplicité » du propos : un amour fort, une guerre longue et meurtrière, la séparation, l’éloignement, le manque de nouvelles… Ce sont des situations que tout le monde peut appréhender.
Comme dans la précédente production de Jarbinet, la documentation est complète. Pour ceux qui connaissent les plages du débarquement, les dessins sont très fidèles (la pointe du Hoc, les haies du bocage, le cimetière américain de Colleville-sur-Mer). Sinon cela vous évoquera sans doute le « Le jour le plus long » ou « Il faut sauver le soldat Ryan » surtout dans les scènes de guerre ou la violence et ses répercussions psychologiques sont très bien montrées. Tout comme la motivation des troupes, qu’elles soient américaines ou allemandes.
L’histoire est finalement un hommage à ceux et à celles qui ont combattu pendant cette guerre, pour qu’on se souvienne de ce qu’ils ont enduré. Un des personnages le dit très bien : « …quand on ne sera plus là, les noms gravés sur les stèles ne diront plus rien à personne… ». Mais depuis l’Europe est en paix et c’est aussi grâce à eux. A nous et aux générations qui arrivent de la maintenir cet état pour que leurs souffrances n’aient pas été vaines. C’est, je pense, le message que veut faire passer Philippe Jarbinet. La dernière image de la dernière planche, dans « Destins croisé » laisse planer un doute quant à l’optimisme de l’auteur…

Airborne 44, Philippe Jarbinet
Casterman

Tome 1- Omaha Beach
Tome 2- Destins croisés

L’auteur :
Philippe Jarbinet est né en 1965 à Liège (Belgique). Il est dessinateur et scénariste

Categories: BD

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