« Messieurs, la terre est plate »
« M. Pasteur inocule la rage ! »
« Le chemin de fer fera suffoquer les voyageurs »
« Le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à nos frontières » -
« Les avions renifleurs détectent les gisements de pétrole ».

Pendant des siècles, les termes « savoir » et « science » avaient été identiques ou peu différenciés, à cela près que le savoir était donné à qui voulait bien l’entendre, alors que la science était l’affaire de gens hautement instruits. Le propre de la science étant de s’occuper de la vérité, à la différence de l’art, la recherche, la protection et la propagation de la vérité devinrent donc l’affaire des hommes de science.

Au fil des siècles, les autorités intellectuelles ont ignoré que la vérité est temporaire et que les découvertes, qui sont l’objet même de la science, les dévaluent les unes après les autres. La vérité serait temporaire ? Ils partageaient à l’égard de l’atomisme la même révulsion que l’Eglise du XVIe siècle. On ne le leur avait pas enseigné, donc c’était faux. Dans bien d’autres domaines, des scientifiques enseignèrent des fadaises parce qu’ils refusaient de croire que la vérité eût changé. Ils étaient en retard sur l’avancée des sciences qu’ils prétendaient contrôler. Ils avaient mystifié leur monde.

Car, à la différence des autres tromperies, la mystification en science n’est possible que si l’on dispose d’autorité.
Quelles en étaient les raisons ? Le manque d’informations ? La perversité ? Point. Simplement l’orgueil et la conviction.

La mystification scientifique procède donc du refus de reconnaître qu’on s’est trompé et la volonté d’échapper à l’indignité de l’erreur en la propageant ; mais elle est souvent sincère et se double donc d’une automystification. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les adversaires du darwinisme refusaient d’admettre une notion qui menaçait leur dignité. Les fondements mêmes de la civilisation, de la morale et de la religion en étaient menacés.

De l’automystification à l’erreur entretenue par l’ignorance, de l’escroquerie avérée à la manipulation, ce livre rassemble 90 « Histoires extraordinaires » de la science.

Elles démontrent que Nietzsche n’avait pas tort de juger les convictions plus dangereuses ennemies de la vérité que les mensonges…

500 ans d’impostures scientifiques – Sornettes, absurdités et autres erreurs

Editions Archipel

L’auteur : Gérald Messadié est journaliste scientifique.

Categories: Science, Société

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